La Suisse pourrait bientôt perdre des capacités de production cruciales en matière d’antibiotiques et de solutions pour perfusion suite à la fermeture annoncée de l’usine Galenica Bichsel à Interlaken, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité de l’approvisionnement du pays.
L’Association des pharmaciens officiels et hospitaliers ainsi que Pharmasuisse tirent la sonnette d’alarme, craignant des conséquences importantes en cas de crise sanitaire. « Normalement, ce n’est probablement pas un problème, mais en cas de crise, le risque est grand si le nombre de fabricants est insuffisant », explique Martine Ruggli, présidente de Pharmasuisse. Selon elle, une réduction du nombre de producteurs rendrait la Suisse encore plus dépendante des importations.
Bichsel est l’un des rares fabricants suisses de solutions pour perfusion, et sa disparition affectera en priorité les hôpitaux. Cordula Landgraf, de l’Office fédéral de l’approvisionnement économique du pays, confirme que Bichsel a joué un rôle essentiel en fournissant des productions spéciales aux hôpitaux et aux pharmacies en cas de rupture d’approvisionnement. La question de savoir si les hôpitaux ou d’autres entreprises combleront ce vide reste ouverte.
Pharmasuisse plaide pour une meilleure protection de la production pharmaceutique nationale et une collaboration renforcée entre les associations afin d’assurer un approvisionnement fiable. Martine Ruggli appelle le gouvernement fédéral à s’impliquer davantage et à favoriser une coopération internationale accrue dans le secteur pharmaceutique. « Nous devons protéger la production qui se trouve encore en Suisse », insiste-t-elle.
L’Office fédéral de l’approvisionnement économique (OFAE) souligne que la sécurité de l’approvisionnement relève principalement de la responsabilité des entreprises. Selon Cordula Landgraf, directrice adjointe du département thérapeutique de l’OFAE, l’intervention de l’État ne se justifie que lorsque l’économie ne peut plus assurer son propre approvisionnement. « Nous avons pour mission d’intervenir lorsque l’économie ne peut plus assurer elle-même son approvisionnement », a-t-elle déclaré.
Le Conseil fédéral examinera dans les prochains mois la nécessité de prendre des mesures supplémentaires pour garantir la sécurité de l’approvisionnement en médicaments.