Publié le 12 février 2026. Les Philippines continuent de régresser dans le classement mondial de la corruption, malgré les promesses du président Marcos Jr. de sévir contre les pratiques illégales, notamment dans le secteur des infrastructures.
- Les Philippines ont chuté de six places et occupent désormais le 120e rang sur 182 pays dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 publié par Transparency International.
- Le score du pays s’élève à 32 sur 100, un résultat inférieur à la moyenne mondiale (42) et à la moyenne régionale Asie-Pacifique (45).
- Une enquête sur des projets de contrôle des inondations a révélé des irrégularités impliquant des législateurs, des fonctionnaires et des entrepreneurs privés, alimentant la colère de la population.
Pour la troisième année consécutive, les Philippines voient leur position décliner dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International. Le rapport, publié mardi, place l’archipel au 120e rang sur 182 pays, une baisse de six places par rapport à l’année précédente. Le score de 32 sur 100, inférieur aux 34 de 2023 et aux 33 de 2024, témoigne d’une situation préoccupante.
Dans la région Asie-Pacifique, les Philippines se situent derrière Singapour (3e), le Brunei (31e), la Malaisie (54e), le Timor-Leste (73e), le Vietnam (81e), le Laos (109e), l’Indonésie (109e) et la Thaïlande (116e). Seuls le Cambodge (163e) et le Myanmar (169e), en proie à une guerre civile, affichent des résultats inférieurs.
Le Danemark arrive en tête du classement avec un score de 89, tandis que la Somalie et le Soudan du Sud se partagent la dernière place (181e) avec un score de 9.
Le rapport de Transparency International met en lumière la frustration croissante de la population face à la faiblesse de la gouvernance et au manque de responsabilité. L’affaire des projets de contrôle des inondations, révélée l’année dernière par le président Ferdinand Marcos Jr., a suscité de nombreuses manifestations et a mis en évidence des connivences entre des élus, des représentants du gouvernement et des entreprises privées, accusés d’avoir détourné des fonds publics considérables (plusieurs milliards de pesos) au profit de commissions occultes. De nombreux projets se sont avérés mal construits ou n’ont jamais vu le jour.
Selon Ilham Mohamed, conseiller Asie-Pacifique de Transparency International :
« Dans de nombreux pays de la région Asie-Pacifique, la bonne gouvernance est minée par une application faible de la loi, des dirigeants irresponsables et l’opacité du financement politique. »
Ilham Mohamed, conseiller Asie-Pacifique de Transparency International
Elle ajoute :
« Alors que les jeunes exigent mieux, les dirigeants doivent agir maintenant pour lutter contre la corruption et renforcer la démocratie. Des réformes significatives peuvent restaurer la confiance du public et montrer que ceux au pouvoir écoutent enfin. »
Ilham Mohamed, conseiller Asie-Pacifique de Transparency International
Malacañang a réagi au rapport en assurant que l’administration Marcos ne relâche pas ses efforts dans la lutte contre la corruption. Claire Castro, attachée de presse du palais présidentiel, a déclaré que le président s’efforce de réparer les dégâts causés par l’administration précédente.
« Une fois que le président a exposé le scandale de corruption lié aux infrastructures, des enquêtes ont suivi. C’est exactement ce que souhaitait le président. Lorsque l’enquête a commencé, des choses qui avaient été cachées ont été révélées. »
Claire Castro, attachée de presse du palais présidentiel
Elle a également souligné que le président est déterminé à traduire en justice tous ceux qui se sont rendus coupables de corruption :
« Le président n’a pas perdu son intérêt à demander des comptes à quiconque devrait l’être. Le président se concentre sur l’économie parce que c’est nécessaire… Si les Philippins sont en colère contre la corruption, le président est encore plus en colère. »
Claire Castro, attachée de presse du palais présidentiel
Le président Marcos examine actuellement le rapport de la Commission indépendante pour les infrastructures (ICI), qui a mené une enquête sur les allégations de corruption. Ce rapport, fruit de 125 jours d’investigations, couvre les projets mis en œuvre au cours des dix dernières années. L’ICI a formulé neuf recommandations visant à engager des poursuites pénales contre 65 personnes, dont des législateurs, des fonctionnaires et des entrepreneurs. Elle a également demandé au ministère de la Justice de surveiller les déplacements de ces personnes. Les enquêtes de l’ICI ont permis de geler plus de 6 700 comptes bancaires et avoirs pour un montant total de 24,7 milliards de pesos.