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Les points les plus radicaux de la réforme controversée du travail proposée par Milei pour l’Argentine | Économie

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Publié le 12 février 2024 11:52:00. Le gouvernement argentin de Javier Milei tente de faire adopter une réforme du travail ambitieuse, suscitant de vives protestations et promettant de bouleverser les relations professionnelles dans un pays traditionnellement syndiqué.

  • La réforme modifie le calcul des indemnités de licenciement, réduisant potentiellement les sommes versées aux salariés.
  • Elle assouplit les règles concernant les congés payés, les heures supplémentaires et les arrêts maladie.
  • Elle élargit la définition des secteurs essentiels, limitant le droit de grève dans ces domaines.

Le Sénat argentin examine cette semaine un projet de loi visant à moderniser le code du travail, une initiative phare du président Javier Milei. Ce texte, qui a déjà provoqué des manifestations à Buenos Aires et dans d’autres villes du pays, ambitionne de rendre le marché du travail plus flexible et d’attirer les investissements, mais inquiète les syndicats qui y voient une attaque contre les droits des travailleurs.

Au cœur des controverses, la question des indemnités de licenciement. La réforme prévoit de modifier la base de calcul de ces indemnités, en excluant du calcul les primes, les congés payés non pris et autres éléments de rémunération variables. Cette modification pourrait entraîner une diminution significative des sommes perçues par les salariés licenciés. Par ailleurs, les entreprises pourraient étaler le paiement des indemnités sur plusieurs mois – jusqu’à six pour les grandes entreprises et douze pour les PME – et un nouveau Fonds d’assistance au travail (FAL) serait créé, permettant aux employeurs de cotiser mensuellement pour couvrir d’éventuels licenciements.

Le projet de loi touche également aux conditions de travail quotidiennes. Les congés payés pourraient être fractionnés en périodes d’au moins sept jours, avec au moins une période pendant l’été tous les trois ans. En cas d’accident ou de maladie non professionnelle, le salarié recevrait 50 % de son salaire de base pendant trois mois s’il n’a pas de personnes à charge, et six mois s’il en a, lorsque l’origine de l’arrêt est liée à un comportement à risque ou volontaire. Si l’invalidité n’est pas due à une action risquée, le travailleur percevrait 75 % de son salaire dans les mêmes conditions. Les arrêts maladie liés à des maladies chroniques ne pourraient être renouvelés que si plus de deux ans se sont écoulés entre les épisodes. Enfin, une « banque d’heures » serait instaurée, permettant de compenser les heures supplémentaires par des jours de repos ou une réduction du temps de travail, avec une possibilité d’accord entre employeur et salarié sur les modalités de cette compensation.

La réforme restreint également le droit de grève. La liste des secteurs considérés comme essentiels serait élargie, avec l’obligation pour ces secteurs d’assurer au moins 75 % de leur service en cas de grève. Outre les secteurs déjà reconnus comme essentiels – santé, eau potable, électricité, gaz, contrôle du trafic aérien – les télécommunications, l’aéronautique, le commerce, les services portuaires, les douanes, l’immigration et l’éducation (à l’exception des universités) y seraient ajoutés. Les forces de sécurité devraient garantir 100 % de leur service. Une nouvelle catégorie, les « services d’importance transcendantale », serait également créée, avec un niveau de service minimum de 50 % pour des secteurs tels que le transport de passagers et de marchandises, l’industrie pharmaceutique, la banque, l’agriculture, l’exploitation minière, la sidérurgie, la construction, les médias, le commerce électronique et l’hôtellerie.

Enfin, le projet de loi modifie les règles concernant la représentation syndicale. Les assemblées générales et les congrès de délégués syndicaux devraient obtenir l’autorisation de l’employeur et ne pas perturber le fonctionnement normal de l’entreprise. Les blocages d’entreprises et les actions entravant la liberté du travail seraient considérés comme des fautes graves. Le texte prévoit également la possibilité d’accorder le statut syndical aux syndicats d’entreprise s’ils comptent plus de membres que le syndicat existant depuis au moins six mois.

La réforme prévoit également la fin de la validité des conventions collectives à leur expiration, sauf en ce qui concerne les conditions de travail. Les accords d’entreprise prévaudraient sur les accords sectoriels. L’abrogation des statuts et régimes particuliers entrerait en vigueur 180 jours après la promulgation de la loi.

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