Home Économie La construction surmonte le pire de sa crise : les retraits sur les achats de logements chutent en 2025 pour la première fois en trois ans

La construction surmonte le pire de sa crise : les retraits sur les achats de logements chutent en 2025 pour la première fois en trois ans

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Publié le 12 février 2026 00:39:00. Après une période de forte instabilité, le marché immobilier chilien montre des signes de stabilisation. Les retraits d’achats de logements ont chuté de près de 18 % en 2025, signalant une normalisation des engagements après plusieurs années de hausse.

  • Les retraits d’achats de logements ont diminué de 18 % en 2025, passant de 7 783 à 6 420.
  • En décembre 2025, les retraits ont baissé de 30 % par rapport à décembre 2024.
  • Les ventes nettes de logements dans la région métropolitaine ont progressé de 28 % en 2025, grâce à la subvention du taux hypothécaire.

Le marché immobilier chilien, confronté à des difficultés en 2024, semble entamer une phase de redressement. Après une année marquée par des ventes historiquement basses et une augmentation des retraits d’achats, 2025 a été témoin d’une inversion de tendance. Les données de la plateforme Toctoc révèlent une baisse significative des désistements, rompant ainsi une séquence de trois années consécutives de hausse.

Selon Toctoc, les retraits liés à l’acquisition de maisons et d’appartements ont reculé de près de 18 % sur l’ensemble de l’année, passant de 7 783 en 2024 à 6 420 en 2025. Cette amélioration est particulièrement notable en décembre, avec une diminution de 30 % des retraits, qui sont passés de 702 à 499.

Cristóbal Bravo, responsable de la recherche chez Toctoc, explique :

« 2025 a été consolidée comme l’année de normalisation des engagements d’achat. Après une période de forte volatilité des taux et de restrictions de crédit qui a provoqué des baisses des promesses au cours des périodes précédentes, nous avons observé une contraction significative des retraits tant dans les appartements que dans les maisons, une tendance qui s’est accentuée vers décembre. »

Alfredo Echavarría, président de la Chambre chilienne de la construction (CChC), souligne que le nombre élevé de retraits en 2024 s’explique en partie par les promesses d’achat signées entre 2021 et 2022, concernant des projets en phase initiale de construction. Ces acquéreurs, ayant pris leurs engagements dans un contexte économique différent, se sont retrouvés confrontés à une croissance économique plus faible, à une stagnation des revenus et à une incertitude politique accrue, les empêchant de maintenir leurs engagements.

De nombreux acheteurs ont vu leur situation financière se détériorer, ne pouvant plus obtenir de crédit hypothécaire ou devant faire face à des mensualités bien plus élevées que prévu. Selon Cristóbal Bravo, cette baisse des retraits s’explique par un « ajustement des attentes de financement puisque les acheteurs ont internalisé les nouvelles conditions de taux et que la banque, bien que plus sélective, a maintenu une offre de crédit relativement stable, ce qui a permis de réaliser les clôtures en attente ».

Cette évolution positive est corroborée par les chiffres de la CChC, qui indiquent une progression de 28 % des ventes nettes de logements dans la région métropolitaine en 2025, stimulée par la subvention du taux hypothécaire pour les logements de moins de 4 000 UF (Unidad de Fomento, unité de compte chilienne).

Maisons et appartements

L’analyse par type de logement révèle que les retraits ont été plus importants pour les appartements, avec une baisse de près de 19 % en 2025 (6 676 retraits en 2024 contre 5 422 en 2025). La diminution annuelle pour les maisons a été plus modérée, avec une baisse de 11 % (1 107 retraits en 2024 contre 989 en 2025).

En décembre, la tendance s’est inversée : les retraits pour les maisons ont chuté de 55,2 % (56 retraits contre 124 en 2024), tandis que ceux pour les appartements ont diminué de 25 % (434 retraits contre 578 en 2024).

En ce qui concerne les segments de prix, les appartements situés dans la fourchette de 2 000 à 3 000 UF représentent plus de 40 % des retraits en 2025, suivis par ceux entre 3 000 et 4 000 UF (30 %). Pour les maisons, les retraits se concentrent principalement dans la gamme de 2 000 à 3 000 UF (50 %), puis de 3 000 à 4 000 UF (33 %). Le segment de 5 000 à 6 000 UF représente 28 % des retraits pour les maisons.

Perspectives

Tomás Irarrázaval, directeur immobilier de CFL Inmobiliaria, estime que la tendance observée en 2025 est un simple changement de cap qui, espérons-le, se poursuivra à la baisse en 2026. Il souligne que l’inflation est désormais maîtrisée et que les taux hypothécaires se sont normalisés, même si les taux d’intérêt antérieurs à octobre 2019 ne seront probablement pas retrouvés.

Alfredo Echavarría, de la CChC, met en avant l’impact positif de la loi de subvention tarifaire, entrée en vigueur en juin 2025, qui a stimulé l’intérêt des acheteurs. Il prévoit que cet effet positif se maintiendra en 2026, contribuant à stabiliser les niveaux de retrait.

Cristóbal Bravo anticipe une stabilisation des retraits en 2026, avec une tendance à la baisse. Il identifie deux facteurs clés : une éventuelle baisse des taux d’intérêt par la Banque centrale et une offre de logements plus équilibrée, après plusieurs trimestres de ralentissement des nouveaux projets.

« Le stock disponible joue également en sa faveur puisqu’après plusieurs trimestres avec une entrée plus faible de nouveaux projets, l’offre actuelle est plus décantée et consolidée, ce qui réduit l’incertitude de l’acheteur final et limite le risque de nouveaux désistements. »

Toutefois, Echavarría et Bravo soulignent également les risques potentiels qui pourraient affecter les niveaux de retrait en 2026, tels qu’un affaiblissement du marché du travail, des taux d’intérêt toujours élevés et une croissance économique limitée.

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