Home Économie Les prix de l’essence pourraient atteindre 3 dollars pour la première fois depuis 2021

Les prix de l’essence pourraient atteindre 3 dollars pour la première fois depuis 2021

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L’essence à moins de 3 dollars le gallon ? C’est une perspective de plus en plus concrète pour les automobilistes américains, grâce à une offre pétrolière pléthorique et à une demande en berne. L’AAA prévoit même que le prix moyen national pourrait bientôt repasser sous la barre symbolique des 3 dollars, une première depuis plusieurs années.

La semaine dernière, le prix moyen du gallon d’essence atteignait déjà 3,05 dollars, selon les données de l’AAA. Cette baisse spectaculaire s’explique par une conjonction de facteurs : la chute des cours du pétrole brut, une demande d’essence en recul et l’arrivée sur le marché d’une essence hivernale moins coûteuse. La dernière fois que la moyenne nationale avait flirté avec les 3 dollars, c’était en mai 2021.

Les analyses convergent pour prédire une poursuite de cette tendance baissière. L’Energy Information Administration (EIA) anticipe un prix moyen de 3,10 dollars le gallon pour le reste de l’année, avant de tomber à 2,90 dollars en 2026. « Le résultat est une surabondance », constate Andy Lipow, président de Lipow Oil Associates. Il souligne que les fondamentaux du marché, notamment une offre excédentaire, sont les principaux moteurs de cette baisse.

Plusieurs éléments expliquent cette surabondance. D’une part, l’OPEP+ a levé ses réductions volontaires de production ces deux dernières années, injectant davantage de barils sur le marché. D’autre part, la production nationale américaine a atteint des niveaux records, dépassant les 13,6 millions de barils par jour. S’y ajoutent les apports significatifs du Brésil, de la Guyane et de l’Argentine. Selon les estimations de l’EIA, l’offre mondiale de pétrole devrait augmenter de 3 millions de barils par jour en 2025, tandis que la demande ne progressera que de 700 000 barils par jour.

« Les prix du pétrole ont chuté de façon spectaculaire au cours des dernières semaines alors que le marché voit un excédent croissant s’accumuler sur les stockages flottants – c’est-à-dire des pétroliers chargés de pétrole qui n’ont nulle part où aller », explique Andy Lipow. Il mentionne également que la Chine a contribué à absorber une partie de cet excédent en remplissant ses réserves stratégiques à bas prix.

Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, qui peuvent habituellement faire flamber les cours du brut, semblent s’être apaisées, contribuant ainsi à la baisse des prix. Cette détente est un facteur clé pour les marchés pétroliers, souvent sensibles à l’instabilité régionale.

Bob Griffin, membre du conseil d’administration de Future49, s’est penché sur la question des ressources en gaz naturel de l’Alaska. Cette discussion intervient alors que l’administration Trump envisage de réautoriser le développement pétrolier et gazier sur des millions d’hectares, potentiellement en annulant une règle de l’ère Biden. Les contrats à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) se négociaient d’ailleurs autour de 57 dollars le baril mardi.

L’ampleur de la baisse des prix du pétrole se répercute directement sur le portefeuille des consommateurs. Le brut représente en effet la majeure partie du coût d’un gallon d’essence, s’élevant actuellement à 51 % du prix total, selon l’Energy Information Administration (EIA). La diminution de la charge financière liée à l’essence pour les ménages américains n’avait pas été aussi légère depuis 2005.

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