Publié le 2025-10-10 16:41:00. Les cours du pétrole ont chuté vendredi, atteignant des planchers inédits depuis plusieurs mois. Cette baisse intervient alors que la tension géopolitique sur les marchés s’est relâchée suite à un accord entre Israël et le Hamas pour une première étape vers la fin du conflit à Gaza.
- Les contrats à terme sur le Brent ont atteint leur plus bas niveau depuis début juin, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a touché son point le plus bas depuis début mai.
- Un accord de cessez-le-feu, ratifié par le gouvernement israélien, prévoit des combats cessant, un retrait partiel des troupes israéliennes et la libération d’otages contre des prisonniers palestiniens.
- La perspective d’un apaisement du conflit au Moyen-Orient permet aux marchés de se concentrer sur d’autres facteurs, comme les excédents potentiels d’offre de pétrole.
La prime de risque qui pesait sur les prix du pétrole s’est considérablement estompée suite à l’annonce d’une détente. Les contrats à terme sur le brut Brent ont clôturé la semaine en baisse, s’établissant à 63,49 dollars le baril, après être tombés brièvement à 63,27 dollars, un niveau jamais vu depuis le début du mois de juin. Le brut américain West Texas Intermediate n’a pas été épargné, enregistrant une chute similaire. Il s’est négocié à 59,80 dollars le baril, après avoir atteint 59,57 dollars, son plus bas niveau depuis début mai.
« Le simple fait d’avoir un processus de paix en cours au Moyen-Orient permet de relâcher un peu la pression », a commenté Bjarne Schieldrop, analyste en chef des matières premières chez SEB. Cette accalmie pourrait dissiper les inquiétudes relatives à la sécurité des routes maritimes, notamment le passage des pétroliers par le canal de Suez et la mer Rouge.
Cet accord de cessez-le-feu, ratifié vendredi par le gouvernement israélien, met fin à une période de tensions accrues. Il stipule l’arrêt des combats, un retrait partiel des forces israéliennes de la bande de Gaza, et la libération de tous les otages détenus par le Hamas. En contrepartie, Israël s’est engagé à libérer des centaines de prisonniers palestiniens. Cette évolution intervient dans un contexte où les attaques contre les navires commerciaux, menées par les Houthis du Yémen, se multipliaient depuis 2023, visant particulièrement les embarcations suspectées de liens avec Israël.
Sur la semaine, le Brent affichait une baisse de 1,7 % et le WTI une contraction de 1,9 %. Cette tendance baissière contraste avec une hausse passagère enregistrée mercredi, où les prix avaient grimpé d’environ 1 %, alimentés par les incertitudes quant aux négociations de paix en Ukraine et aux sanctions potentielles contre la Russie, un acteur majeur du marché pétrolier mondial. L’accord à Gaza permet désormais aux marchés de se reconcentrer sur les perspectives d’un excédent d’offre pétrolière, malgré les efforts de l’OPEP+ pour maîtriser la production. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) ont convenu dimanche d’une réduction de production plus modeste que prévu en novembre, ce qui avait déjà limité les craintes d’une offre pléthorique. Néanmoins, les analystes de BMI soulignent que les attentes d’une forte augmentation de l’offre de brut ne se sont pas encore traduites par une baisse de prix substantielle.
Par ailleurs, les marchés surveillent attentivement l’évolution de la situation politique aux États-Unis. Une fermeture prolongée du gouvernement américain pourrait potentiellement freiner l’économie et, par conséquent, impacter la demande de pétrole, alors que les États-Unis demeurent le plus grand consommateur de brut au monde.