Les raffineries indiennes semblent se détourner du pétrole russe, anticipant un accord commercial avec les États-Unis qui pourrait alléger les droits de douane sur leurs exportations. Cette évolution intervient alors que l’Union européenne renforce ses sanctions contre le commerce pétrolier russe.
Selon des sources du secteur et des négociants citées par l’agence Reuters, les raffineurs indiens évitent de conclure de nouveaux contrats pour la livraison de pétrole russe en avril. Cette tendance s’explique notamment par les négociations en cours entre New Delhi et Washington, qui devraient aboutir à un accord commercial en mars. Cet accord prévoit une réduction des droits de douane américains sur les produits indiens, y compris la suppression du droit spécial de 25 % imposé par l’administration Trump en représailles aux achats de pétrole brut russe de l’Inde.
Si ces informations se confirment, la demande de pétrole russe en Inde devrait diminuer, ce qui pourrait entraîner une raréfaction de certaines qualités et une hausse des prix de référence. La situation est également exacerbée par le 20e paquet de sanctions préparé par l’Union européenne contre la Russie, visant à perturber le commerce maritime du pétrole russe en interdisant l’accès aux services occidentaux – notamment les assurances, le financement et le transport maritime – pour les navires russes, y compris les pétroliers.
Les importations de pétrole russe en Inde ont déjà diminué, passant de 34 % du total en novembre à 25 % en décembre, suite à l’entrée en vigueur des sanctions américaines ciblant les deux principaux exportateurs russes. Par ailleurs, la perspective d’une réduction des droits de douane a incité les raffineries indiennes à réduire leurs achats en provenance de Russie et à se tourner vers des fournisseurs non soumis à sanctions, comme des compagnies pétrolières autres que Rosneft et Loukoïl.
L’administration Trump avait conditionné la conclusion d’un accord commercial à l’arrêt des achats de pétrole brut russe par l’Inde, une demande qui s’avère complexe à satisfaire. L’Inde, fortement dépendante des importations pour couvrir ses besoins en pétrole brut, est particulièrement sensible aux fluctuations des prix. C’est pourquoi la Russie est devenue son premier fournisseur en moins de trois ans, les réductions de prix liées aux sanctions étant particulièrement attractives pour les importateurs indiens.