Publié le 24 février 2026 à 10h51. La tension géopolitique croissante entre les États-Unis et l’Iran fait grimper les prix du pétrole, atteignant des sommets en raison des craintes d’un conflit potentiel et de son impact sur les approvisionnements mondiaux, à la veille de nouvelles négociations.
Les prix du pétrole ont atteint leur plus haut niveau depuis sept mois, les contrats à terme sur le brut américain atteignant 67,28 dollars le baril lundi, tandis que le Brent a grimpé à 72,50 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis le 31 juillet. Bien que les prix aient légèrement reculé en fin de séance, ils se sont repris mardi matin, se rapprochant des plus hauts atteints la veille.
Les marchés pétroliers tentent d’intégrer une prime de risque, anticipant les perturbations potentielles des approvisionnements en cas de conflit, explique James Hosie, analyste chez Shore Capital.
« Les marchés pétroliers essayaient de manière rationnelle d’intégrer une prime de risque sur les prix du pétrole, étant donné la perturbation qu’un conflit pourrait avoir sur les approvisionnements mondiaux »
James Hosie, analyste chez Shore Capital
Priyanka Sachdeva, analyste senior chez Phillip Nova, souligne que la hausse actuelle des prix est principalement motivée par l’anticipation d’un conflit plutôt que par une réelle diminution de l’offre.
« Le risque d’une éventuelle escalade militaire au Moyen-Orient gagne du terrain et, par conséquent, les traders semblent se prémunir contre les pires scénarios. Les prix actuels étaient largement déterminés par l’anticipation plutôt que par une perte réelle d’approvisionnement »
Priyanka Sachdeva, analyste de marché senior chez Phillip Nova
Washington et Téhéran doivent tenir jeudi un troisième cycle de négociations nucléaires à Genève, comme l’a confirmé dimanche le ministre des Affaires étrangères d’Oman. Ces discussions interviennent alors que l’administration Trump estime que l’Iran est disposé à réduire son stock d’uranium hautement enrichi et à abandonner son programme nucléaire, ce que Téhéran nie fermement.
Lundi, Donald Trump a averti sur Truth Social que l’Iran s’exposerait à une « très mauvaise journée » en cas d’échec des négociations. Dans le contexte de ces pourparlers, les deux pays ont multiplié les démonstrations de force militaire. Le porte-avions américain USS Gerald R. Ford est arrivé lundi sur l’île de Crète, en Grèce, rejoignant l’USS Abraham Lincoln déjà positionné en mer d’Oman, transportant des avions de combat et plus de 5 630 marins.
Les États-Unis ont également partiellement évacué leur ambassade à Beyrouth lundi, suite à une évaluation des risques liés à une possible escalade militaire dans la région.
Le principal risque pour l’approvisionnement en pétrole réside dans une escalade militaire et un éventuel blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole.