Publié le 06 novembre 2025 | 10h25. Les procureurs chiliens tirent la sonnette d’alarme : une journée nationale de réflexion a été organisée pour dénoncer l’inaction gouvernementale face à leurs revendications et la surcharge de travail qui pèse sur le ministère public.
- L’Association nationale des procureurs, représentant 90% des magistrats chiliens, critique le manque de dialogue avec le ministère de la Justice.
- Une augmentation de 20% des affaires en 2025 n’a pas été accompagnée d’une hausse des effectifs, aggravant la situation.
- Le syndicat redoute que le budget limité et l’absence d’incitations à la retraite n’impactent la qualité des enquêtes et la prise en charge des victimes.
L’Association nationale des procureurs a organisé une journée de « réflexion » à travers le pays, un mouvement qui a conduit à un retard de deux heures dans le traitement de certaines affaires, y compris celle du dossier de la « Poupée biélorusse ». L’objectif affiché est de dénoncer publiquement ce que ses membres considèrent comme une politique d’ignorance de la part du gouvernement chilien face à leurs demandes. La présidente de l’association, Patricia Ibarra, a souligné avoir sollicité en vain une rencontre avec le ministre de la Justice, Jaime Gajardo, depuis le mois de mai. Elle a également déploré l’absence de mesures incitatives favorisant le départ à la retraite ou le développement d’une carrière stable au sein du ministère public, malgré les démarches répétées auprès de l’exécutif.
Les chiffres avancés par l’association dressent un tableau préoccupant : en 2024, 1 600 000 dossiers ont été enregistrés. Cette année, une augmentation de 20% des affaires est déjà constatée, alors que le nombre de procureurs reste inchangé. Patricia Ibarra a également remis en question l’insuffisance des augmentations budgétaires allouées au ministère public. Selon elle, ce manque de ressources financières limite considérablement la capacité d’action des procureurs face à une charge de travail croissante et entrave l’efficacité des poursuites pénales. L’association craint que cette situation ne compromette la prise en charge des victimes et la qualité générale des enquêtes menées.
Les procureurs réaffirment ainsi la nécessité de mesures concrètes pour pallier la surcharge de travail et garantir le bon fonctionnement de la justice pénale au Chili. La journée nationale de réflexion visait à sensibiliser l’opinion publique et les autorités à l’urgence de la situation.