Une avancée scientifique majeure venue d’Harvard pourrait révolutionner la recherche sur la maladie d’Alzheimer. Des chercheurs américains ont révélé en août dernier les détails d’une étude prometteuse publiée dans la revue Nature, mettant en lumière le rôle potentiel du lithium dans la lutte contre cette pathologie neurodégénérative.
La prestigieuse université d’Harvard a semé un vent d’espoir dans le monde scientifique en dévoilant une nouvelle piste pour inverser les effets de la maladie d’Alzheimer. Le lithium, un métal aux multiples applications, est au cœur de ces découvertes. Les travaux ont démontré un lien étroit entre une carence en lithium et le déclin cognitif, ouvrant la voie à des thérapies innovantes.
En administrant du lithium à des souris atteintes d’Alzheimer, les chercheurs ont observé un ralentissement significatif de la progression des lésions cérébrales et une atténuation de certains symptômes liés au vieillissement. Ces résultats suggèrent que le lithium pourrait jouer un rôle déterminant non seulement dans le développement de la maladie, mais aussi potentiellement dans sa guérison, offrant un espoir face à une affection qui touche près de 55 millions de personnes dans le monde, entraînant une perte de mémoire irréversible et une altération profonde de la vie quotidienne.
« La recherche de Harvard représente un pas de géant pour ouvrir de nouvelles voies de recherche, car elle démontre que le lithium est une substance clé dans l’Alzheimer, ce qui ouvre des portes pour trouver la guérison, même si cela prend des années. »
Diego Redolar, neuroscientifique
Cette découverte est susceptible de déclencher une vague de recherches visant à répliquer les résultats, à les tester sur des patients humains et à explorer leur application dans d’autres maladies dégénératives. Une véritable « fièvre du lithium » s’est emparée du milieu médical, faisant écho à l’engouement actuel pour ce métal essentiel dans la fabrication des batteries pour véhicules électriques et appareils électroniques.
L’usage thérapeutique du lithium n’est pas nouveau. Documenté dès le IIe siècle, il fut le premier traitement efficace contre le trouble bipolaire, découvert par le Dr John Cade en 1949. Il est encore aujourd’hui utilisé dans le traitement de divers troubles psychiatriques, tels que la dépression ou la schizophrénie. Les recherches sur Alzheimer ne repartent donc pas de zéro, bien que la prudence soit de mise quant aux dosages, un excès pouvant entraîner des effets secondaires graves.
La méthodologie employée par les chercheurs d’Harvard est particulièrement saluée. Ils ont administré aux souris génétiquement modifiées pour développer Alzheimer un composé spécifique, le lithium orotate. Cette formulation, plus stable en termes d’absorption que d’autres, n’a pas interféré avec les plaques amyloïdes toxiques caractéristiques de la maladie. La thérapie a non seulement freiné l’avancée des lésions, mais a aussi contribué à la préservation des neurones et de leurs connexions chez les souris saines, sans effets secondaires notables avec le dosage adéquat.
Contrairement aux traitements récents visant à réduire les plaques amyloïdes, l’approche d’Harvard repose sur un « nouveau mécanisme », comme le souligne Marc Suárez, membre de la Société Espagnole de Neurologie. Cette divergence d’approche est jugée capitale dans la recherche de solutions pour des maladies jusqu’alors sans remède.
« Le Parkinson ou la SLA peuvent avoir des mécanismes communs avec l’Alzheimer ; si un mécanisme neuroprotecteur est découvert, il pourrait être utile également face à d’autres pathologies. »
Marc Suárez, neurologue
Le potentiel du lithium pourrait s’étendre au-delà d’Alzheimer. Les similitudes entre les mécanismes de diverses maladies neurodégénératives, comme le Parkinson ou la Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), suggèrent que les découvertes sur des mécanismes neuroprotecteurs pourraient bénéficier à un large éventail de pathologies. Diego Redolar évoque également une possible utilité du lithium dans le traitement des troubles de l’humeur et des addictions.
La question de l’utilité du lithium pour ralentir le vieillissement est plus controversée. Si l’étude d’Harvard montre que le lithium réduit l’inflammation liée au vieillissement chez les souris, Salvador Macip, expert en longévité, reste réservé. Il suggère que la corrélation entre la carence en lithium et les plaques amyloïdes pourrait être spécifique aux personnes atteintes de démence, plutôt qu’un indicateur de vieillissement général.
« Les chercheurs ont administré aux souris génétiquement modifiées pour développer la maladie d’Alzheimer un composé appelé orotate de lithium qui, contrairement à d’autres formulations, est absorbé de manière plus stable. »
Bien que prometteuse, la recherche est encore à ses débuts. Les experts insistent sur la prudence, déconseillant aux patients de prendre des suppléments de lithium sans avis médical. La validation de son efficacité contre le déclin cognitif est encore nécessaire, et les risques d’effets secondaires en cas de surdosage ou de mauvaise utilisation sont bien réels.
« Le travail de Harvard est surprenant car il désigne clairement le lithium comme acteur des symptômes d’Alzheimer, ce qui pourrait sans aucun doute offrir une option de traitement dans un avenir proche. »
Salvador Macip, expert en longévité
Salvador Macip conclut que si la découverte ouvre des perspectives thérapeutiques, elle soulève également de nombreuses questions et qu’il est peu probable qu’une seule substance suffise à guérir une maladie aussi complexe qu’Alzheimer.