Home Santé Les protéines sanguines révèlent que l’attaque du système immunitaire contre la SEP commence des années avant les symptômes

Les protéines sanguines révèlent que l’attaque du système immunitaire contre la SEP commence des années avant les symptômes

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Publié le 2025-10-21 09:07:00. Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) ont mis au point une nouvelle méthode d’analyse sanguine qui pourrait révolutionner le diagnostic et la compréhension de la sclérose en plaques (SEP), en révélant que la maladie attaque le cerveau bien avant l’apparition des premiers symptômes cliniques.

  • La sclérose en plaques (SEP) attaque le cerveau des années avant que les symptômes ne se manifestent, endommageant la gaine de myéline qui protège les fibres nerveuses.
  • Une analyse de milliers de protéines sanguines a permis de reconstituer la chronologie de ces attaques immunitaires, offrant de nouvelles perspectives de diagnostic précoce, voire de prévention.
  • La protéine IL-3 joue un rôle clé dans la phase initiale des dommages au système nerveux, souvent silencieuse pour le patient.

Jusqu’à récemment, l’heure exacte du déclenchement des attaques cérébrales dans le cadre de la sclérose en plaques restait floue pour les scientifiques. Une nouvelle étude menée par l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) vient éclaircir cette zone d’ombre en analysant les milliers de protéines présentes dans le sang. Cette approche a permis de dresser un portrait inédit du moment où le système immunitaire s’en prend à la gaine de myéline, l’enveloppe protectrice des fibres nerveuses, indiquant que la maladie démarre plus tôt que ce que l’on pensait.

Les chercheurs ont pu identifier les « débris » de ces attaques ainsi que les signaux immunitaires qui les coordonnent, reconstituant ainsi, pour la première fois, la séquence des événements menant à la maladie. L’étude met en lumière que la SEP commence par cibler la myéline, la substance graisseuse entourant les nerfs. Ce n’est qu’un an plus tard que les fibres nerveuses elles-mêmes commencent à se dégrader.

Parmi les nombreux marqueurs immunitaires identifiés en phase précoce, la protéine IL-3 s’est distinguée. Elle joue un rôle central dans cette phase initiale, pendant laquelle le système nerveux central subit des dommages importants, souvent sans que le patient ne ressente le moindre symptôme. L’IL-3 est connue pour attirer les cellules immunitaires vers le cerveau et la moelle épinière, où elles attaquent ensuite les cellules nerveuses.

« Nous pensons que notre travail ouvre de nombreuses opportunités pour le diagnostic, la surveillance et éventuellement le traitement de la SEP. Cela pourrait changer la donne dans la façon dont nous comprenons et gérons cette maladie. »

Ahmed Abdelhak, MD, premier auteur de l’étude et co-auteur principal et professeur adjoint, neurologie, Université de Californie – San Francisco

Pour mener à bien cette recherche, les scientifiques ont examiné plus de 5 000 protéines dans des échantillons de sang provenant de 134 personnes atteintes de SEP, prélevés avant et après leur diagnostic. Ces précieux échantillons proviennent du Serum Repository du Département américain de la Défense, qui conserve des prélèvements de militaires au moment de leur engagement. Ces échantillons, conservés pendant des décennies, permettent d’étudier le développement de maladies comme la SEP chez des individus suivis sur le long terme.

Sept ans avant le diagnostic officiel, les chercheurs ont observé une augmentation significative d’une protéine nommée MOG (pour Myelin Oligodendrocyte Glycoprotein), un indicateur de dommages à l’isolation des fibres nerveuses. Un an plus tard, une autre protéine, la chaîne légère des neurofilaments, apparaissait, signalant cette fois une atteinte des fibres nerveuses elles-mêmes. C’est durant cette période que l’IL-3 et d’autres protéines orchestrant la réaction immunitaire se manifestent dans le sang.

L’équipe a ainsi identifié près de 50 protéines « précurseurs » de la maladie. Forts de ces découvertes, ils ont déposé une demande de brevet pour un test sanguin diagnostique basé sur les 21 protéines les plus pertinentes.

Le Docteur Ari Green, chef de la division de neuroimmunologie et de biologie gliale au département de neurologie de l’UCSF et auteur principal de l’étude, souligne l’espoir qu’apporte cette découverte : la possibilité de prévenir la maladie et de mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à l’apparition des symptômes.

« Nous savons désormais que la SEP se développe bien avant son apparition clinique », explique-t-il. « Cela ouvre la voie à une possible prévention de la SEP, ou du moins à l’utilisation de nos connaissances pour protéger les individus contre des dommages ultérieurs. »

Source :

Référence du journal :

Abdelhak, A., et coll. (2025) Myelin lesions precede axonal lesions and symptom onset in multiple sclerosis. Nature Medicine. doi.org/10.1038/s41591-025-04014-w.

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