Publié le 19 février 2026 à 15h02. Les services de renseignement néerlandais (AIVD et MIVD) tirent la sonnette d’alarme face à une augmentation significative des activités hybrides menées par la Russie, allant de cyberattaques à des actes de sabotage.
- La Russie intensifie ses activités hybrides en Europe, ciblant notamment les infrastructures critiques et cherchant à déstabiliser les pays soutenant l’Ukraine.
- Les services de renseignement néerlandais ont observé des préparatifs de sabotage sur le territoire national.
- Moscou vise à semer la division, à perturber l’aide à l’Ukraine et à réduire le soutien à ce pays.
La menace posée par les « activités hybrides » russes s’est accrue ces derniers mois, selon un rapport publié ce jour par l’AIVD (Algemene Inlichtingen- en Veiligheidsdienst, Service Général de Renseignement et de Sécurité) et le MIVD (Militaire Inlichtingen- en Veiligheidsdienst, Service de Renseignement et de Sécurité Militaire). Ces activités comprennent des cyberattaques, des opérations de désinformation, et des actes de sabotage.
Les services de sécurité s’appuient sur des informations recueillies dans plusieurs pays européens, où la Russie est soupçonnée d’être responsable d’incendies criminels, de perturbations du trafic aérien par l’utilisation de drones, de dommages à des câbles sous-marins et de l’envoi de colis piégés par voie postale. Il est souvent difficile de prouver formellement l’implication russe, mais le nombre d’incidents est en augmentation constante.
« Plusieurs activités hybrides russes ont également été observées aux Pays-Bas, notamment des préparatifs de sabotage », indiquent les services de renseignement. À titre d’exemple, un porte-parole de l’AIVD a évoqué le cas d’un homme qui aurait été chargé d’envoyer deux colis suspects aux États-Unis et au Canada, agissant vraisemblablement pour le compte des services secrets russes.
Cette intensification de la menace s’inscrit dans un contexte plus large. Depuis l’automne 2023, les pays européens constatent une augmentation des attaques hybrides. En 2024, la Russie a manifesté une « plus grande propension à prendre des risques », et les actions sont devenues plus agressives. L’attention s’est également déplacée du cyberespace vers le monde physique.
Selon les services de renseignement, la Russie poursuit ces actions pour plusieurs raisons : influencer et saper la politique des pays européens, semer la discorde au sein de leurs sociétés, perturber l’aide apportée à l’Ukraine et réduire le soutien à ce pays. L’AIVD et le MIVD s’attendent à ce que ces activités et ces attaques hybrides se poursuivent contre les pays européens.
Les services de renseignement insistent sur la nécessité pour le gouvernement, les entreprises et les institutions de rester vigilants. « Si des secteurs vitaux venaient à faillir, cela pourrait perturber gravement la société », avertissent-ils.