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Les superviseurs du comté tiendront un nouveau vote sur le transfert des permis de Sable | Nouvelles locales

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Publié le 2025-11-01 17:38:00. Neuf mois après une première tentative infructueuse, le Conseil de surveillance du comté de Santa Barbara doit réexaminer le transfert des autorisations d’exploitation d’une unité pétrolière à Sable Offshore Corp. Cette décision est cruciale pour le projet de l’entreprise de relancer la production dans le comté, impliquant un pipeline marqué par une marée noire en 2015.

  • Le Conseil de surveillance du comté de Santa Barbara votera à nouveau sur le transfert des permis à Sable Offshore Corp.
  • La décision fait suite à une injonction d’un juge de la Cour supérieure après un vote précédent bloqué par l’égalité des voix.
  • Le projet de Sable concerne la réactivation de l’unité de Santa Ynez, incluant un pipeline historiquement lié à la marée noire de Refugio.

Le dossier revient devant le Conseil de surveillance du comté de Santa Barbara ce mardi. L’ordre du jour prévoit une nouvelle délibération concernant le transfert des autorisations d’exploitation à Sable Offshore Corp., une société qui ambitionne de relancer la production pétrolière dans la région. L’enjeu réside dans la réactivation de l’unité de Santa Ynez, qui comprend des installations offshore, une usine de traitement sur la côte de Gaviota et un réseau de pipelines, dont un ayant fait l’objet d’une décision de justice.

Cette situation est la conséquence d’un précédent vote du conseil en février, qui s’était soldé par un partage des voix (2 contre 2), empêchant ainsi l’approbation du transfert. Suite à cette impasse, Sable Offshore Corp. avait saisi la justice, demandant à la Cour supérieure d’ordonner le transfert des permis. La juge Dolly Gee a cependant rejeté cette requête, préférant renvoyer l’affaire devant le conseil, lui imposant de réexaminer la question dans un délai de 60 jours, et de le faire périodiquement jusqu’à obtention d’une majorité. La réunion de mardi au Bâtiment administratif du comté, 105 E. rue Anapamu, marque donc une étape clé dans ce processus.

L’unité de Santa Ynez, acquise par Sable auprès d’ExxonMobil en 2024, comprend le pipeline Plains’ Line 901. C’est ce dernier, appartenant à Plains All American Pipeline à l’époque, qui avait rompu en 2015, causant la célèbre marée noire de Refugio. Sable entend redémarrer la production en réactivant ce pipeline, mais l’obtention des autorisations d’exploitation du comté est une condition préalable indispensable.

Parallèlement, Sable doit obtenir l’aval des autorités de l’État. L’entreprise a soumis un plan de redémarrage du pipeline au Bureau du prévôt des incendies de l’État (Office of the State Fire Marshal – OSFM), qui confirme avoir reçu le document et être en cours d’examen. Aucune date n’a encore été communiquée pour la décision de l’État.

Lors de la réunion du 25 février, quatre des cinq superviseurs s’étaient exprimés. Steve Lavagnino et Bob Nelson avaient voté en faveur du transfert, tandis que Laura Capps et Roy Lee s’y étaient opposés. Joan Hartmann, superviseure du Troisième district, s’était récusée en raison d’un potentiel conflit d’intérêts, une partie du pipeline traversant sa propriété. Son bureau a indiqué qu’elle sera cette fois en mesure de voter, ayant reçu l’autorisation de la Commission des pratiques politiques équitables de Californie (California Fair Political Practices Commission – FPPC). Selon la FPPC, malgré la localisation du pipeline, Joan Hartmann ne détiendrait pas d’« intérêt financier disqualifiant » dans cette décision.

Un projet porteur d’espoir économique, mais source d’inquiétudes environnementales

Sable Offshore Corp. met en avant les bénéfices économiques de son projet, notamment la création d’emplois locaux et la contribution à l’approvisionnement en pétrole de la région. « Sable est très préoccupé par l’effondrement du complexe énergétique de l’État », avait déclaré Jim Flores, PDG et président de Sable, dans une précédente déclaration. « L’économie californienne sera confrontée à des conséquences désastreuses si les raffineries continuent de fermer en raison du manque de production nationale, ce qui devrait être une préoccupation majeure pour les détenteurs d’obligations de l’État de Californie. » Les partisans du projet soulignent que l’industrie pétrolière et gazière soutient des familles et fournit des produits essentiels pour de nombreuses fabrications.

Cependant, les critiques du projet expriment de vives inquiétudes, rappelant la marée noire de Refugio. En 2015, près de 142 000 gallons (environ 537 000 litres) de pétrole brut s’étaient déversés sur le littoral de Gaviota et dans l’océan. Des groupes environnementaux craignent qu’un pipeline vieillissant, déjà marqué par un incident majeur, ne représente un risque d’accident imminent. Ils s’interrogent également sur la capacité de Sable, une entreprise relativement nouvelle, à assumer les coûts d’un éventuel déversement.

Suite à la rupture de 2015, Plains All American Pipeline avait été contraint de payer une amende de 50,5 millions de dollars à la Commission des terres de l’État de Californie (California State Lands Commission), ainsi que 60 millions de dollars au gouvernement fédéral et 230 millions de dollars dans le cadre d’un recours collectif. ExxonMobil avait ensuite acquis le pipeline et les installations de Plains avant de les revendre à Sable, officiellement créée en février 2024.

Des groupes d’activistes ont également soulevé des doutes quant à la fiabilité de Sable en tant qu’opérateur, citant des infractions antérieures aux réglementations de la Commission côtière de Californie (California Coastal Commission). En novembre 2024, cette dernière avait émis une ordonnance de cessation et d’abstention après avoir constaté que Sable avait débuté des travaux de construction à proximité du pipeline sans permis appropriés. Selon des documents judiciaires, l’entreprise aurait creusé 3,7 acres (environ 1,5 hectare) et déplacé environ 72 000 mètres cubes de sol dans la zone côtière. Sable aurait ignoré plusieurs injonctions d’arrêt, ce qui a conduit la commission à lui infliger une amende de 18 millions de dollars pour avoir défié son autorité et perturbé l’écosystème côtier. Une action en justice intentée par Sable contre la commission n’a pas abouti, un juge de la Cour supérieure ayant confirmé le bien-fondé de l’amende.

Sable a affirmé que ces travaux visaient à réparer des anomalies sur le pipeline et avaient été menés en conformité avec les décisions fédérales. L’entreprise fait également face à des poursuites pénales pour ces travaux. Le Bureau du procureur du comté de Santa Barbara a annoncé le 18 septembre le dépôt de 21 chefs d’accusation contre Sable, dont cinq pour violation du Code de l’eau de Californie.

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