Les inquiétudes grandissantes concernant le marché de l’emploi aux États-Unis freinent la reprise économique mondiale, malgré une résistance inattendue des marchés boursiers américains. Les taux d’intérêt américains, en hausse, exercent une pression sur les taux européens, mais l’impact reste limité en raison de divergences économiques entre les deux zones.
Les chiffres de l’emploi américains, inférieurs aux attentes et stables en décembre, suggèrent un ralentissement de la consommation et pèsent sur les perspectives de croissance. Cette situation a entraîné une baisse d’environ 7 points de base de la partie basse de la courbe des taux. Les investisseurs attendent avec attention les données sur l’emploi de janvier, qui seront publiées mercredi, et pourraient remettre en question les positions actuelles du marché. Les responsables gouvernementaux ont d’ailleurs anticipé une diminution des créations d’emplois dans les mois à venir, confirmant ce changement de sentiment.
Paradoxalement, cette détérioration des perspectives macroéconomiques aux États-Unis ne se traduit pas par une baisse des actions, qui continuent d’atteindre des niveaux records. Cette situation illustre une économie à deux vitesses, où les progrès rapides dans le domaine de l’intelligence artificielle contrastent fortement avec les difficultés rencontrées par les ménages américains à revenus moyens et faibles.
Les taux d’intérêt américains ont tiré les taux européens à la hausse, les ramenant au plus bas de leur fourchette annuelle, à 2,8 %. Cependant, la corrélation entre les deux marchés reste faible. La zone euro bénéficie d’une amélioration de la croissance et de nouvelles mesures de relance budgétaire, bien que certaines inquiétudes subsistent quant à leur efficacité. Les États-Unis, quant à eux, sont confrontés à un ralentissement économique persistant, malgré une inflation toujours élevée. Ces différences de contexte macroéconomique atténuent l’impact des publications de données économiques habituelles.
L’influence des taux américains sur les taux européens est plus forte en période d’aversion au risque, un sentiment qui reste fragile à ce stade. Les marchés restent prudents quant aux investissements massifs dans l’intelligence artificielle. Néanmoins, l’indice boursier se maintient encore proche de ses plus hauts de l’année. Si la situation macroéconomique continue de se dégrader, un scénario de surperformance des valeurs technologiques pourrait se dessiner, soutenant ainsi l’ambiance positive actuelle.
Mercredi, l’attention se portera sur l’indicateur des salaires en zone euro, une information clé pour les décisions de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). La croissance des salaires semble actuellement solide, mais la BCE continue de surveiller de près la situation en raison des tensions sur les marchés du travail. Aux États-Unis, les chiffres de l’emploi non agricole de janvier seront également scrutés. Les analystes prévoient une augmentation de 70 000 emplois (contre 50 000 le mois précédent), ce qui pourrait confirmer la tendance actuelle, mais le taux de chômage devrait rester stable, à 4,4 %.
Plusieurs responsables de banques centrales interviendront également mercredi : Isabel Schnabel de la BCE s’exprimera sur l’économie européenne, tandis que Michael Schmid et Michelle Bowman de la Réserve fédérale américaine (Fed) prendront la parole.
Enfin, les marchés devront absorber une importante offre d’obligations souveraines : la France lancera une syndication d’OAT à 30 ans pour un montant estimé à 8 milliards d’euros, la Slovaquie une syndication de SLOVGB à 20 ans pour 1,5 milliard d’euros. L’Allemagne émettra des Bunds à 29 et 31 ans pour un total de 2,5 milliards d’euros, le Royaume-Uni lancera un appel d’offres pour 0,3 milliard de livres sterling (environ 350 millions d’euros), et les États-Unis proposeront 42 milliards de dollars d’obligations.
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