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Les taux de l’euro dans l’ombre du sentiment mondial dicté par les États-Unis

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Tensions commerciales : l’euro sous surveillance, les Bunds en ligne de mire

Les marchés financiers européens scrutent de près les répercussions des tensions commerciales mondiales. Si l’impact sur les taux de l’euro reste pour l’heure contenu, un regain d’aversion au risque généralisé pourrait pousser les rendements à 10 ans vers des niveaux plus bas. Les Bunds allemands, considérés comme l’un des derniers havres de sécurité de notation AAA, pourraient alors bénéficier d’une demande accrue.

Les dernières évolutions des tensions commerciales semblent avoir ramené les inquiétudes sous la barre des 4%. Les bons du Trésor américain, recherchés pour leur valeur refuge, ont vu leur rendement chuter sous ce seuil en cours de journée. Si les marchés de l’euro ne sont pas directement ciblés par ces disputes tarifaires, ils subissent néanmoins l’influence des taux américains. Il est même possible d’affirmer que la majorité des mouvements récents sur les taux de l’euro sont d’origine américaine, faute de perspectives nouvelles émanant des facteurs internes à la zone euro.

Malgré les titres de presse français qui font régulièrement la une, l’impact direct sur les marchés obligataires, hors obligations d’État françaises, demeure négligeable. Par ailleurs, les indicateurs économiques publiés mardi, bien que modestes, confirment que les marchés ont déjà intégré la lenteur et la fragilité de la reprise de la croissance allemande.

Bien que les taux de l’euro aient suivi la tendance baissière observée aux États-Unis, leurs replis apparaissent relativement modérés jusqu’à présent. Le taux de swap à 10 ans évolue ainsi dans une fourchette comprise entre 2,6 % et 2,7 %, un niveau maintenu depuis le mois de juin. Le sentiment de risque global, mis à mal par la résurgence des menaces tarifaires, explique cette situation. Cela justifie également la corrélation quasi nulle entre la partie courte de la courbe des taux de l’euro et les taux américains, tandis que les maturités plus longues se montrent plus sensibles.

Une baisse des taux américains, similaire à celle observée ces derniers mois, ne modifierait pas notre anticipation de voir les taux de l’euro se stabiliser autour des niveaux actuels, voire connaître une légère tendance à la hausse. Cependant, une correction plus marquée forcerait indéniablement les Bunds et les swaps à tester des niveaux inférieurs. Ces derniers jours, le Bund a déjà démontré une meilleure résistance que les swaps, signe de la demande pour les actifs sûrs. En tant que valeur refuge de premier plan, le Bund allemand devrait en toute logique bénéficier d’une demande soutenue en cas de dégradation accrue du sentiment de risque mondial.

Mercredi : entre Fed, banques centrales et statistiques économiques

Au cœur de l’attention mercredi se trouve le rapport « Beige Book » de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui compile des informations qualitatives issues de ses différents districts. Le rapport d’août avait fait état d’un ralentissement de l’activité, avec onze régions sur douze signalant une stabilité de l’emploi, et une seule une baisse. Aucune amélioration significative n’est attendue pour le rapport du jour, ce qui devrait conforter la Fed dans sa décision d’une hausse de taux de 25 points de base ce mois-ci.

Les banquiers centraux seront également sous les projecteurs. Du côté de la Banque Centrale Européenne (BCE), Guido’s Rehn et François Villeroy de Galhau sont attendus au micro. La Fed sera représentée par Michelle Bowman, Christopher Waller et Adriana Kugler, tandis que la Banque d’Angleterre (BoE) verra intervenir Dave Ramsden et Megan Greene. Après la publication des chiffres de l’inflation (IPC) en France et en Espagne, la production industrielle de la zone euro constitue la seule statistique macroéconomique notable du jour.

Sur les marchés primaires, l’Allemagne émettra deux obligations à 30 ans pour un montant total de 2,5 milliards d’euros. Le Royaume-Uni proposera quant à lui 1,5 milliard de livres sterling (environ 1,7 milliard d’euros) de gilts indexés sur l’inflation à 6 ans.

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