Publié le 7 février 2026 03:18:00. Une analyse internationale majeure révèle que près de 40% des cancers diagnostiqués chez l’adulte en 2022 pourraient être évités en agissant sur trois facteurs clés : le tabac, la consommation d’alcool et les infections virales ou bactériennes.
- En 2022, 7,1 millions de cas de cancer (37,8% des 18,7 millions de nouveaux diagnostics) étaient liés à 30 facteurs de risque modifiables.
- Le tabac reste le principal facteur de risque évitable, responsable de 15% des nouveaux cas de cancer dans le monde.
- La prévention des infections, notamment par la vaccination, représente un levier important, couvrant plus de 10% des cas de cancer.
De nombreux cancers ne sont pas une fatalité, selon une vaste étude coordonnée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). L’étude, qui a analysé les données de 2022, estime que 7,1 millions des 18,7 millions de nouveaux diagnostics de cancer chez l’adulte – soit près de 38% – sont liés à 30 facteurs de risque modifiables. Ces facteurs, bien que nombreux, se concentrent principalement autour de trois axes de prévention : l’arrêt du tabac, la réduction de la consommation d’alcool et la prévention des infections.
Le tabac se confirme comme le premier facteur de risque évitable. L’étude attribue 15% des nouveaux cas de cancer dans le monde (environ 3,3 millions de diagnostics) à la consommation de tabac. Ce n’est pas seulement le cancer du poumon qui est concerné, mais également les tumeurs des voies aérodigestives (gorge, bouche), du tube digestif et d’autres organes. En France, selon les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), 16,6% de la population âgée de 15 ans ou plus sont fumeurs quotidiens, un chiffre qui varie selon l’âge et le sexe.
L’alcool arrive en troisième position des facteurs de risque évitables, avec un peu plus de 3% des cas de cancer (environ 700 000 diagnostics). Les experts de santé publique insistent sur un point crucial :
« Il n’existe pas de niveau d’alcool sans danger en ce qui concerne le risque de cancer. »
Messages officiels du ministère de la Santé
Le risque n’est pas lié au type de boisson (bière, vin, spiritueux), mais à l’exposition à l’éthanol et à ses métabolites. Des liens ont été établis entre la consommation d’alcool et plusieurs types de cancers, notamment du sein, du foie, du côlon et de la gorge.
Le deuxième grand bloc de prévention concerne les infections associées au cancer, qui représentent un peu plus de 10% des cas (environ 2,2 à 2,3 millions de diagnostics). Parmi les agents pathogènes impliqués figurent :
- VPH (virus du papillome humain) : lié au cancer du col de l’utérus, ainsi qu’à d’autres tumeurs anogénitales et oropharyngées.
- Hépatites B et C : associées au cancer du foie.
- Helicobacter pylori : bactérie impliquée dans le développement du cancer gastrique.
L’optimisme réside dans le fait qu’une grande partie de cette prévention repose sur des outils de santé accessibles. En France, le calendrier vaccinal recommandé prévoit la vaccination contre le VPH à l’âge de 12 ans, avec une seule dose pour les garçons et les filles. Les recommandations européennes mettent également l’accent sur la prévention des infections liées au cancer par le biais de programmes de vaccination, de dépistage et de traitement rapide.