Publié le 7 février 2026 à 07h01. Une large majorité des électeurs irlandais se prononce en faveur d’une réglementation plus stricte des réseaux sociaux, notamment en interdisant l’accès aux mineurs de 16 ans, selon un récent sondage Irish Times/Ipsos. Cette opinion publique favorable à une ligne dure coïncide avec les efforts de la Commission européenne pour encadrer les pratiques addictives de plateformes comme TikTok.
- 76 % des électeurs soutiennent l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans.
- 90 % des citoyens sont favorables à l’interdiction des plateformes ayant diffusé des contenus illégaux.
- Un consensus se dégage également sur la nécessité pour l’Irlande d’assumer davantage de responsabilités en matière de défense.
Le dernier sondage d’opinion réalisé par l’Irish Times en partenariat avec Ipsos révèle un fort soutien populaire à une régulation accrue des réseaux sociaux. Plus des trois quarts des électeurs (76 %) se disent favorables à une interdiction d’accès pour les moins de 16 ans, une proportion qui se maintient même au sein de la tranche d’âge des 18-24 ans. Ce résultat intervient alors que le gouvernement irlandais examine les meilleures stratégies pour répondre aux préoccupations croissantes concernant les contenus diffusés sur ces plateformes.
L’indignation publique est particulièrement forte à l’égard des plateformes qui enfreignent la loi en diffusant des images illégales. Un consensus quasi-unanime (90 % des électeurs) se dégage en faveur de leur interdiction. Cette volonté de fermeté s’inscrit dans un contexte plus large de débat européen sur la responsabilité des géants du numérique.
La Commission européenne a récemment annoncé son intention de prendre des mesures pour lutter contre les fonctionnalités les plus addictives des plateformes comme TikTok. Elle vise notamment à mettre fin au « défilement infini », une pratique qui encourage les utilisateurs à passer des heures sur l’application. TikTok, dont le siège européen est situé à Dublin, a contesté ces conclusions et annoncé son intention de les contester.
Au-delà des réseaux sociaux, le sondage révèle également une forte opinion en faveur d’une plus grande autonomie de l’Irlande en matière de défense. 85 % des électeurs estiment que le pays devrait « assumer davantage de responsabilités pour sa propre défense », alors qu’il s’appuie actuellement sur des alliés, notamment le Royaume-Uni, pour la surveillance de son espace aérien et de ses eaux territoriales.
La question du « triple verrouillage » – qui exige une résolution de l’ONU avant l’envoi de troupes irlandaises en mission de maintien de la paix – divise l’opinion. 45 % des électeurs souhaitent le maintenir, tandis que 35 % plaident pour son abolition, le gouvernement justifiant cette dernière option par les blocages fréquents au Conseil de sécurité de l’ONU, où les membres permanents, dont la Russie, disposent d’un droit de veto.
Enfin, l’opinion est partagée quant à l’opportunité pour le Taoiseach (Premier ministre) Michel Martin de rencontrer Donald Trump à Washington pour la traditionnelle visite de la Saint-Patrick. 48 % des électeurs y voient une démarche appropriée, tandis que 45 % préféreraient qu’il renonce à cette invitation. L’invitation à Donald Trump pour assister à l’Irish Open, qui se déroulera cette année sur son parcours de golf de Doonbeg, rencontre une opposition encore plus forte, avec 61 % des électeurs s’y opposant contre 32 % qui y sont favorables.
Le sondage a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1 200 adultes de plus de 18 ans, répartis dans 120 points d’échantillonnage à travers l’ensemble des circonscriptions électorales. Contrairement à la plupart des sondages d’opinion, la série B&A de The Irish Times/Ipsos est basée sur des entretiens en face-à-face, réalisés entre le 30 janvier et le 3 février, avec une marge d’erreur estimée à plus ou moins 2,8 %.