Publié le 2025-10-10 07:33:00. Les universités britanniques sont averties : tout dérapage des manifestations pro-palestiniennes vers le harcèlement ou la discrimination des étudiants juifs pourrait entraîner de lourdes sanctions. Arif Ahmed, le responsable de la liberté d’expression au Bureau des étudiants (OfS), a rappelé que cette liberté ne saurait justifier l’intimidation.
- Le Bureau des étudiants (OfS) menace d’imposer des sanctions aux universités qui ne protègent pas les étudiants juifs des actes de harcèlement et de discrimination.
- La liberté d’expression sur les campus ne couvre pas l’intimidation, le harcèlement ou la discrimination, a martelé Arif Ahmed.
- L’OfS peut infliger des amendes, suspendre le financement public, voire retirer le droit de délivrer des diplômes en cas de non-respect des règles.
Dans une interview accordée au podcast « Political Thinking » de la BBC, Arif Ahmed a exprimé sa vive préoccupation face à la montée de l’antisémitisme sur les campus, notamment dans le sillage des manifestations pro-palestiniennes organisées à l’occasion du deuxième anniversaire des attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre. Ces manifestations, qui ont eu lieu malgré les appels du Premier ministre Keir Starmer à ne pas y participer, ont été critiquées pour avoir servi de prétexte à des attaques contre les Juifs britanniques. Des rassemblements ont eu lieu à Londres, Édimbourg, Belfast et Sheffield, certains groupes protestataires réaffirmant leur refus d’être réduits au silence.
M. Ahmed a rappelé que les universités avaient le devoir légal de protéger leurs étudiants, y compris contre le harcèlement antisémite. « Nous, à l’OfS, serons prêts à agir si nous pensons que les universités ne remplissent pas leurs obligations », a-t-il affirmé. Il a également souligné que le soutien illégal à des organisations interdites ne tombait pas sous le coup de la liberté d’expression et que les établissements devaient y remédier. L’OfS, qui supervise les universités enregistrées pour leur permettre d’accéder à des financements tels que les prêts étudiants, a déjà sanctionné par le passé. L’Université du Sussex, par exemple, a été condamnée à une amende de 585 000 £ en mars dernier pour des manquements à la liberté d’expression.
Arif Ahmed a par ailleurs mis en garde contre le risque de violence politique si les différends ne peuvent être réglés par le débat. « Vous devez permettre aux gens d’exprimer leurs opinions sur des sujets vraiment controversés, car sinon, il n’y aura pas d’alternative à la violence », a-t-il déclaré. Il s’est également dit déterminé à agir contre les universités qui ne protègent pas leurs universitaires et étudiants de l’intimidation émanant de dictatures étrangères, citant des menaces voilées proférées à l’encontre de chercheurs. L’OfS dispose de leviers importants, allant de sanctions financières au retrait de l’habilitation à délivrer des diplômes.
L’interview complète d’Arif Ahmed est à écouter sur BBC Radio 4 le samedi à 17h30 ou sur BBC Sounds.