Publié le 13 février 2024 11h34. De nouveaux vaccins contre la grippe, promettant une protection plus large et durable, pourraient considérablement réduire l’impact mondial de cette maladie saisonnière, selon une évaluation récente de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette étude souligne l’importance d’investir dans ces nouvelles générations de vaccins pour mieux se préparer aux futures pandémies.
- Les vaccins de nouvelle génération pourraient prévenir jusqu’à 18 milliards de cas de grippe et sauver jusqu’à 6,2 millions de vies d’ici 2050.
- L’utilisation généralisée de ces vaccins pourrait réduire considérablement la consommation d’antibiotiques, contribuant ainsi à lutter contre la résistance aux antimicrobiens.
- L’efficacité et l’accessibilité de ces vaccins dépendront de facteurs tels que le prix, la capacité des systèmes de santé et la stabilité des vaccins.
Chaque année, la grippe saisonnière affecte environ un milliard de personnes dans le monde, entraînant entre 3 et 5 millions de cas graves et de 290 000 à 650 000 décès dus à des complications respiratoires. Bien que les vaccins actuels contribuent à limiter la propagation de la maladie, leur efficacité varie en fonction des souches virales en circulation et des populations concernées. De plus, leur protection est limitée à une seule saison et leur production repose sur des prévisions parfois incertaines.
L’OMS a publié une évaluation de la valeur totale améliorée du vaccin contre la grippe (FVIVA), qui analyse les bénéfices sanitaires, économiques et politiques de ces nouvelles générations de vaccins. Ce rapport identifie également les obstacles potentiels à leur adoption à l’échelle mondiale et propose des pistes pour orienter les investissements et les politiques publiques.
Selon l’étude, l’utilisation à grande échelle des vaccins de nouvelle génération entre 2025 et 2050 pourrait avoir un impact majeur, en particulier chez les populations les plus vulnérables, telles que les personnes âgées, les jeunes enfants et les femmes enceintes.
« Cette évaluation met clairement en évidence les avantages potentiels que des vaccins améliorés contre la grippe pourraient offrir dans différents contextes »,
Dr Philipp Lambach, responsable technique du projet à l’OMS
L’étude souligne également le potentiel économique de ces nouveaux vaccins. Dans de nombreux pays, ils pourraient s’avérer rentables, voire économiquement avantageux, en réduisant non seulement les coûts liés aux soins de santé, mais aussi la consommation d’antibiotiques. On estime ainsi qu’ils pourraient permettre d’éviter jusqu’à 1,3 milliard de doses quotidiennes définies d’antibiotiques entre 2025 et 2050, contribuant ainsi à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens.
L’impact réel de ces vaccins dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment la charge de morbidité dans chaque pays, la capacité des systèmes de santé à les déployer, le prix des vaccins et les stratégies de vaccination mises en place. La sécurité, l’efficacité, la durée de protection, la stabilité à la température et la durée de conservation des vaccins seront également des éléments clés à prendre en compte, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Le cadre d’évaluation de la valeur totale des vaccins vise à faciliter un dialogue constructif entre les gouvernements, les chercheurs, les fabricants et les partenaires, en fournissant une base solide pour prendre des décisions éclairées concernant le développement et l’utilisation de ces nouveaux vaccins. Des analyses complémentaires ont été publiées dans un supplément de la revue Vaccine.