Publié le 2025-11-05 15:11:00. De nouvelles approches thérapeutiques basées sur des vaccins anticancéreux combinés à des immunothérapies montrent des résultats prometteurs dans le traitement du mélanome avancé et d’autres tumeurs solides. Une étude suggère même que les vaccins à ARN messager développés contre la COVID-19 pourraient améliorer l’efficacité des traitements actuels.
- Un vaccin expérimental, l’IO102-IO103, associé au pembrolizumab, a démontré une efficacité significative en première intention pour le mélanome avancé.
- Chez des patients atteints de tumeurs solides avancées, dont le cancer du poumon non à petites cellules et les carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou, cette combinaison vaccinale a montré une bonne tolérance et une activité encourageante.
- Les vaccins à ARNm anti-COVID-19 pourraient potentiellement augmenter la réponse des patients aux immunothérapies, ouvrant la voie à des stratégies thérapeutiques plus larges.
La lutte contre le cancer avance grâce à des innovations combinant des approches traditionnelles et nouvelles. Pour le mélanome cutané, qui bénéficie déjà de traitements d’immunothérapie efficaces comme le blocage des points de contrôle immunitaires (PD-1 ou double blocage CTLA-4), des chercheurs explorent des stratégies visant à surmonter les résistances et à induire de nouvelles réponses immunitaires spécifiques à la tumeur. Le vaccin anticancéreux IO102-IO103, étudié dans l’essai de phase III IOB-013/KN-D18, s’inscrit dans cette démarche. L’objectif est de stimuler une réponse immunitaire plus robuste que celle induite par les bloqueurs de points de contrôle seuls, qui ne sont efficaces que chez les patients présentant déjà une réponse immunitaire latente.
Les résultats préliminaires de l’essai LBA53 suggèrent que les vaccins anticancéreux pourraient être efficaces contre le cancer métastatique, et pas uniquement contre le mélanome. Une caractéristique clé de ce vaccin est sa capacité à modifier le microenvironnement tumoral en ciblant des cellules immunosuppressives, une approche jugée innovante et prometteuse.
Dans une autre étude, l’essai panier de phase II (1557P) a évalué l’association de l’IO102-IO103 et du pembrolizumab chez des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules métastatique avancé et de carcinomes épidermoïdes métastatiques de la tête et du cou, sélectionnés pour un niveau élevé de PD-L1. Ces patients sont généralement traités par pembrolizumab en monothérapie. L’essai visait à « réchauffer » les tumeurs à l’aide de peptides immunomodulateurs ciblant IDO1 et PD-L1, dans l’espoir d’amplifier la réponse thérapeutique.
« Ce que nous avons montré, c’est que [le vaccin IO102-IO103] était sûr et bien toléré. Le critère principal d’évaluation de l’efficacité, le taux de réponse global, a été atteint pour le cancer épidermoïde de la tête et du cou, et une activité favorable a également été observée dans le cancer du poumon non à petites cellules. »
Dr. Riess
Malgré les succès du pembrolizumab, certains patients, même dans les populations cibles, ne répondent pas de manière optimale ou voient leur réponse s’éroder plus rapidement. L’ajout du vaccin IO102-IO103 répond à un besoin clinique non satisfait en offrant une nouvelle piste d’amélioration pour ces patients.
Par ailleurs, des données rétrospectives présentées lors de la session LBA54, bien que nécessitant une validation par des essais cliniques de phase 3, font état d’un effet bénéfique des vaccins à ARNm anti-COVID-19 sur les réponses à l’immunothérapie. Ces vaccins, largement disponibles, pourraient potentiellement être intégrés rapidement dans les protocoles de soins pour améliorer les réponses aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, notamment chez les patients dont les tumeurs sont considérées comme « froides » d’un point de vue immunologique.
« Notre espoir est que si nous pouvons démontrer que ces vaccins améliorent les réponses au blocage des points de contrôle immunitaires, parce qu’ils sont très largement disponibles, ils pourraient rapidement être intégrés dans le régime de soins cliniques d’un grand nombre de patients. »
Dr. Grippen
L’observation que des vaccins anti-COVID-19, non conçus spécifiquement pour la cancérologie, démontrent un tel effet, ouvre des perspectives intéressantes pour le développement futur de thérapies à base d’ARN potentiellement plus universelles et efficaces dans l’amélioration de la réponse à l’immunothérapie contre le cancer.