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« Leur efficacité est souvent sous-estimée »

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Publié le 24 septembre 2025. Notre bien-être psychologique dépend étroitement de l’apport en nutriments essentiels, notamment certaines vitamines. Un déficit peut affecter l’équilibre de nos neurotransmetteurs et entraîner des troubles de l’humeur, voire des dépressions. Zoom sur les vitamines clés pour une psyché saine.

  • Les vitamines B (B6, B9, B12) et la vitamine C sont cruciales pour la production de neurotransmetteurs comme la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline.
  • La vitamine D joue un rôle significatif dans la régulation de la sérotonine et pourrait avoir un lien, encore débattu scientifiquement, avec la dépression.
  • Des carences, particulièrement en vitamine B12 chez les végétaliens et végétariens, peuvent provoquer irritabilité, confusion, voire troubles cognitifs graves.

La psyché humaine est un système complexe où pensées, émotions et perceptions s’entremêlent. Son bon fonctionnement repose en grande partie sur la disponibilité de nutriments essentiels pour le système nerveux. Si les liens entre carences vitaminiques et déséquilibres psychiques sont de plus en plus étudiés, certaines corrélations, comme celle entre la vitamine D et la dépression, font encore l’objet de recherches sans consensus scientifique clair.

« Notre bien-être psychologique dépend des substances messagères du système nerveux (sérotonine, dopamine et noradrénaline) », explique Catri Tegtmeier, médecin-chef du service de psychosomatique/psychothérapie et traumatologie à la clinique Wicker à Bad Wildungen. « Ces substances messagères peuvent être déséquilibrées en raison d’un manque de micronutriments et entraîner des sautes d’humeur, voire une grave dépression. » Les vitamines, agissant comme coenzymes, sont indispensables à de nombreux processus métaboliques, y compris ceux du cerveau. Les vitamines du groupe B, en particulier, sont impliquées dans le métabolisme cérébral. La vitamine B6, par exemple, est nécessaire à la synthèse de la sérotonine et de la noradrénaline, tandis que l’acide folique (B9), la vitamine B12 et la vitamine C sont impliqués dans la production de dopamine et de noradrénaline.

La vitamine D, bien que son rôle exact dans la dépression soit encore débattu, est considérée comme importante pour la fonction psychologique. Le Dr Stephanie Grabhorn, psychiatre et psychothérapeute, souligne son rôle crucial dans la régulation du neurotransmetteur sérotonine. Une carence pourrait entraîner des modifications structurelles du cerveau et affecter les voies nerveuses. Des études ont montré une association entre une carence en vitamine D et un risque accru de dépression, bien que les mécanismes exacts ne soient pas encore totalement élucidés. Il est même fréquent, selon Catri Tegtmeier, de constater des taux bas de vitamine D chez les patients traités pour dépression, nécessitant alors une correction.

Le stress intense peut également augmenter les besoins en nutriments. L’Association allemande de l’alimentation, par l’intermédiaire de Manon Struck-Pacyna, rappelle que certaines vitamines (C, B1, B3, B6, B7) ainsi que des minéraux comme le fer, le cuivre et le magnésium peuvent aider le corps à mieux gérer le stress.

La vitamine B12, en particulier, joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement du système nerveux et du psychisme. Une étude publiée en 2018 a mis en évidence une prévalence plus élevée de dépression et d’anxiété chez les personnes présentant une carence en vitamine B12 par rapport à celles ayant des taux suffisants. Un manque de cette vitamine peut non seulement causer des lésions nerveuses, mais aussi se manifester par de l’irritabilité, de la confusion et des sautes d’humeur. À un stade avancé, la déficience en vitamine B12 peut même compromettre gravement les fonctions mentales, voire conduire à des formes de démence.

Les personnes suivant un régime végétalien ou végétarien sont particulièrement exposées au risque de carence en vitamine B12, car elle se trouve principalement dans les aliments d’origine animale.

Il est souvent difficile de cerner précisément la fonction de chaque nutriment, étant donné leur implication dans de multiples processus métaboliques. Cependant, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) établit une liste d’allégations de santé scientifiquement prouvées. Selon la Société pour la recherche appliquée sur les vitamines, les mentions « contribue à une fonction psychologique normale » et « contribue à des performances mentales normales » sont autorisées pour plusieurs vitamines. De plus, la mention « contribue au fonctionnement normal du système nerveux » s’applique à la vitamine B7, B3, B2, B1, B6, B12 et à la vitamine C.

La décision de prendre des compléments alimentaires doit impérativement se faire en concertation avec un professionnel de santé. Il est possible de mesurer les taux de vitamine D et de vitamines B par des analyses sanguines. En cas de déficit avéré, une supplémentation adaptée est alors nécessaire pour rétablir l’équilibre.

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