Le marché de l’emploi américain affiche une résilience inattendue, complexifiant les perspectives de la politique monétaire de la Réserve fédérale et maintenant l’euro dans une fourchette étroite face au dollar. Les derniers chiffres de l’emploi, supérieurs aux prévisions, contrastent avec un ralentissement des ventes au détail, créant une situation paradoxale pour les investisseurs.
Selon le dernier rapport, l’économie américaine a créé 130 000 emplois le mois dernier, contre 70 000 attendus. Le taux de chômage a parallèlement diminué, passant de 4,4 % à 4,3 %. Cette combinaison suggère que le marché du travail reste tendu, ce qui a conduit les marchés à évaluer à environ 94 % la probabilité que les taux d’intérêt restent inchangés lors de la prochaine réunion de la Fed, écartant pour l’instant l’hypothèse de baisses à court terme.
Normalement, de tels chiffres positifs auraient tendance à renforcer le dollar. Cependant, la faiblesse des ventes au détail aux États-Unis et les déclarations prudentes de responsables économiques tempèrent cet effet. Le dollar s’échange actuellement autour de 96,80, sans atteindre de nouveaux sommets, ce qui signifie que, bien que le contexte macroéconomique soutienne la devise américaine, il ne lui confère pas une dynamique clairement orientée vers la hausse. En conséquence, l’EUR/USD reste bloqué dans une fourchette relativement étroite, incapable de s’effondrer.
Sur le plan technique, l’EUR/USD oscille autour de 1,1880, juste au-dessus d’une ligne de tendance haussière qui a guidé les prix depuis le plus bas de 1,1600. Cette ligne de tendance coïncide avec une moyenne mobile sur 50 périodes, presque au niveau actuel, tandis que la moyenne mobile sur 200 périodes se situe plus bas, autour de 1,1780. Un récent repli a brièvement fait passer le prix sous le support de 1,1887, atteignant un plancher à 1,1833, avant de remonter vers 1,1880, formant un double plancher dans la zone 1,1830-1,1850. Les récentes bougies japonaises dans cette zone présentent de petits corps et de longues mèches, signe d’un essoufflement de la dynamique au niveau de la résistance, mais aussi d’une défense acharnée de la structure par les acheteurs.
Tant que la paire se maintient au-dessus du plus bas de 1,1833 et des supports de sauvegarde à 1,1806 et 1,1766, la fourchette 1,18-1,19 peut être interprétée comme une phase de consolidation au sein d’une tendance haussière plus large, plutôt que comme un signal de sommet. Le niveau clé à court terme se situe autour de 1,1887-1,1893. Cette zone, qui a servi de support en début de semaine, est devenue une résistance après la récente pause. L’EUR/USD évolue actuellement autour de ce pivot.
Le marché a déjà démontré que, si 1,1887 cède, les acheteurs interviennent à 1,1833. Inversement, si 1,1833 tient, le prix remonte rapidement vers 1,1880-1,1890. Ce comportement confirme que 1,1887 n’est pas un simple niveau de prix, mais un véritable point d’inflexion. La question cruciale est de savoir si la paire peut franchir la barre des 1,1900. Une poussée nette au-dessus de ce seuil, avec des clôtures horaires solides et sans mèches supérieures importantes, indiquerait que le récent sommet du dollar a été absorbé et que l’EUR/USD est prêt à viser des résistances plus élevées.
Si l’EUR/USD parvient à s’établir au-dessus de 1,1900, le prochain objectif haussier se situe à 1,1949, un niveau logique pour prendre des bénéfices sur des positions longues basées sur la ligne de tendance actuelle. Cette zone coïncide également avec une congestion antérieure à la baisse. Au-dessus de 1,1949, la prochaine résistance se trouve autour de 1,1975, avec une extension potentielle vers 1,1980-1,1986. Cette zone de 1,1975 à 1,1986 constitue la dernière barrière avant que le marché ne commence à évoquer la possibilité d’atteindre 1,2000. Une progression contrôlée de 1,1900 à 1,1949, suivie d’une extension mesurée vers les niveaux 1980, transformerait la consolidation actuelle de 1,1833 à 1,1900 en une structure de base claire.
Le biais haussier ne sera maintenu que si certains planchers clés sont respectés. Le premier se situe précisément à 1,1833, qui a déjà servi de point d’arrêt après la chute au-dessus de 1,1887. Si l’EUR/USD passe en dessous de 1,1833 et commence à clôturer en dessous, cela signalerait que le marché n’est plus disposé à défendre la ligne de tendance actuelle avec la même conviction. En dessous de 1,1833, l’attention se portera sur 1,1806, où des prises de bénéfices sur des positions courtes sont probables. Si 1,1806 ne tient pas, 1,1766 deviendra le pivot baissier critique. Cette région de 1,1766 à 1,1780, où le prix atteindrait la moyenne mobile sur 200 périodes, marquerait la limite entre une correction saine au sein de la tendance haussière et un changement de tendance plus sérieux.
L’évolution du Dollar Index (DXY) explique pourquoi l’EUR/USD ne parvient pas à franchir une résistance décisive malgré les chiffres de l’emploi américains. Le DXY a déjà absorbé une forte baisse, passant de la région de 98,80 à une base autour de 95,55. Depuis ce plus bas, il a creusé des creux plus élevés, mais n’a pas réussi à tester à nouveau le plus haut précédent, fluctuant autour de 96,80. La moyenne mobile sur 50 périodes est en baisse et agit comme une résistance proche de 97,21, tandis que la moyenne mobile sur 200 périodes se situe plus haut, à 97,90. Tant que le DXY ne parvient pas à se maintenir au-dessus de 97,25 et surtout s’il retombe en dessous de 96,34, l’environnement favorise le maintien de l’EUR/USD ou un retour vers le niveau des 1,1900.
L’évolution des prix en GBP/USD confirme l’idée que le dollar manque actuellement d’une dynamique de tendance claire. La livre sterling par rapport au dollar s’échange autour de 1,3647, dans une configuration triangulaire qui se rétrécit. Cette situation souligne la prudence du marché en attendant de nouveaux catalyseurs macroéconomiques.