L’euro continue de subir la pression face au dollar, évoluant dans une fourchette étroite et signalant une tendance baissière persistante. Les perspectives macroéconomiques divergentes entre les États-Unis et la zone euro, combinées à des signaux techniques défavorables, maintiennent la paire EUR/USD sous les 1,19.
La paire de devises se situe actuellement entre 1,1840 et 1,1850, après un recul par rapport à ses plus hauts de la semaine dernière. Les tentatives de rebond au-delà de 1,1850 se heurtent à une résistance immédiate, tandis que le marché teste sporadiquement le support autour de 1,1820-1,1830. L’action des prix se caractérise par une baisse contrôlée, inscrite dans une fourchette plus large allant de 1,1765 à 1,2000, où les vendeurs dominent actuellement.
Les données économiques américaines récentes, notamment un rapport sur l’emploi robuste affichant la plus forte croissance depuis plus d’un an et une baisse inattendue du taux de chômage, suggèrent que l’économie américaine peut supporter une politique monétaire plus restrictive sans stagner. Les marchés anticipent désormais un assouplissement de la Réserve fédérale (Fed) d’environ 62 points de base d’ici 2026, soit l’équivalent de deux baisses de taux de 25 points de base, avec une probabilité d’environ 50 % d’une troisième réduction, potentiellement dès juin. Cette perspective maintient les rendements réels américains à un niveau élevé et limite la dépréciation du dollar.
À l’inverse, la zone euro affiche des signes de faiblesse. Les indices ZEW allemands et de la zone euro ont reculé en février, confirmant un manque d’élan de croissance. La Banque centrale européenne (BCE) se trouve dans une position délicate, confrontée à une activité économique atone et à des taux réels restrictifs. Cet écart entre les deux économies se reflète dans la performance de l’EUR/USD.
L’indice du dollar (DXY) se maintient dans une fourchette de 97,2 à 97,6, respectant les niveaux de support et de résistance. Sur un graphique de quatre heures, le DXY reste au-dessus d’un retracement de Fibonacci de 0,382, près de 96,82, et se dirige vers la zone de retracement de 0,5 autour de 97,21. Une tendance haussière est toujours visible à partir d’environ 95,55, mais l’EMA de 200 périodes autour de 97,9-98,0 constitue un plafond clair.
Sur le graphique journalier, l’EUR/USD glisse à l’intérieur d’un canal descendant en dessous de la fourchette médiane de 1,1890 à 1,1900. Les niveaux clés à surveiller sont 1,2000 (résistance psychologique), 1,1927 et 1,1997 (sommets récents), et 1,1890-1,1900 (milieu de la fourchette). La zone 1,1856 est un pivot tactique, tandis que 1,1835 et 1,1820-1,1830 offrent un soutien à court terme.
À court terme, les flux d’ordres se concentrent autour de trois zones clés : 1,1831-1,1835 (support intrajournalier), 1,1856-1,1887 (pivot tactique) et 1,1890-1,1919 (résistance). Les indicateurs techniques, tels que les stochastiques en territoire de survente et le MACD négatif, suggèrent une dynamique de vente persistante.
L’évolution des prix des actifs croisés confirme une pression sur l’EUR/USD. L’or oscille entre 2 050 et 2 200 dollars (4 550 à 5 420 dollars), avec des replis achetés, mais des pics vendus avant la publication des minutes de la Fed. Le sentiment de risque est également influencé par les progrès des négociations entre les États-Unis et l’Iran.
Dans l’ensemble, le scénario de base reste une légère baisse vers 1,1765, à condition que les rallyes vers 1,1856-1,1887 soient vendus et que le dollar conserve son soutien. Un scénario alternatif est celui d’échanges de fourchettes entre 1,1830 et 1,1927, si les minutes de la Fed et l’inflation sous-jacente du PCE sont conformes aux attentes. Une poussée vers le haut vers 1,1997 et 1,2083 reste la trajectoire la moins probable, nécessitant une faiblesse significative du dollar et un revirement de la politique de la Fed.
En conclusion, la balance des probabilités penche toujours en faveur d’une position baissière sur l’EUR/USD, en mettant l’accent sur la force de vente plutôt que sur l’anticipation d’un plancher. Tant que la paire reste plafonnée en dessous de 1,1890-1,1900 et que l’indice du dollar se maintient dans la bande 97,2-97,6, une baisse vers 1,1810-1,1800 et potentiellement 1,1765 offre le meilleur rapport risque-récompense.