Publié le 2025-10-20 14:09:00. Le Palais de Buckingham affiche une vive préoccupation face aux accusations impliquant le prince Andrew et son lien avec Jeffrey Epstein, tandis que des voix s’élèvent pour réclamer la suppression formelle de ses titres. La publication posthume des mémoires de Virginia Giuffre ravive la pression sur le fils de la reine.
- Le prince Andrew a renoncé à ses titres et distinctions, dont celui de duc d’York, mais des appels sont lancés pour une suppression légale.
- La police enquête sur des allégations selon lesquelles le prince aurait cherché des informations personnelles sur Virginia Giuffre.
- La publication des mémoires de Mme Giuffre, réitérant ses accusations, accentue la controverse.
Les accusations pesant sur le prince Andrew, dans le cadre de ses liens avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein, suscitent une « très grande inquiétude » au sein du palais de Buckingham. Les sources royales insistent sur la nécessité d’un examen approfondi et approprié de la situation. Ces développements interviennent alors que le prince a annoncé renoncer à l’usage de ses titres, y compris celui de duc d’York, ainsi qu’à son appartenance à l’ordre très prestigieux de la Jarretière. Sa sœur, Sarah Ferguson, a également perdu son titre et n’est plus duchesse d’York.
Cette décision, bien que volontaire, ne satisfait pas tous les acteurs. Rachael Maskell, députée travailliste de York, affirme que de nombreux habitants de sa circonscription souhaitent dissocier la ville de l’image royale. Elle plaide pour une modification législative permettant au gouvernement de retirer officiellement les titres et honneurs du prince Andrew. « Il existe ici des opportunités de remédier aux torts de l’histoire et de garantir que les voix des victimes et des survivants soient entendues et prises en compte », a-t-elle déclaré sur BBC Radio 4, suggérant qu’une simple clause unique, intégrable dans un projet de loi constitutionnel ou d’initiative parlementaire, suffirait à permettre au monarque de retirer ces distinctions.
Le prince Andrew reste prince, un titre hérité de sa naissance en tant que fils de monarque. Toutefois, le constitutionnaliste Craig Prescott indique qu’il serait théoriquement possible de lui retirer ce titre par le biais de lettres patentes, un document juridique émis par le monarque. Dans un tel cas, et s’il cessait d’être prince, il deviendrait Andrew Windsor, le titre de duc d’York étant déjà abandonné. Il pourrait également être écarté de la ligne de succession au trône, actuellement à la huitième place. Une telle révocation nécessiterait cependant le consentement de tous les pays du Commonwealth dont le roi est le chef d’État.
Les enquêtes aux États-Unis sur les contacts d’Epstein avec des personnalités influentes continuent d’exercer une pression supplémentaire. Des courriels récemment révélés font état de liens entre Epstein, le prince Andrew et Sarah Ferguson. Ces correspondances suggèrent que le prince aurait, dès 2011, cherché à obtenir des informations personnelles sur Virginia Giuffre auprès de ses agents de protection, disposant déjà de son numéro de sécurité sociale. Ces éléments contrastent vivement avec ses déclarations précédentes lors d’une interview à BBC Newsnight, où il affirmait n’avoir « aucun souvenir » d’avoir jamais rencontré Mme Giuffre. La police métropolitaine a confirmé examiner activement ces allégations. Par ailleurs, des documents issus des États-Unis indiquent qu’Epstein aurait apporté un soutien financier à Sarah Ferguson pendant quinze ans, une affirmation démentie par des proches de l’ex-épouse du prince.
La renonciation du prince Andrew à ses titres avait pour objectif de mettre fin à une série de gros titres négatifs, qui détournaient l’attention du travail accompli par d’autres membres de la famille royale. Des sources royales ont spécifiquement mentionné les efforts de la reine Camilla et de la duchesse d’Édimbourg dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le palais de Buckingham souhaite éviter que ce scandale n’éclipse une visite d’État historique au Vatican, où le roi Charles rencontrera le pape.