Publié le 2025-10-20 14:09:00. Le scandale entourant le prince Andrew et ses liens présumés avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein continue de secouer Buckingham, où l’on exprime une « très grande inquiétude ». Pendant que des appels se multiplient pour le retrait formel de ses titres, le prince a renoncé de lui-même à certains de ses honneurs, une démarche qui ne satisfait pas tous.
- Des sources royales affirment traiter les accusations avec « une très grande inquiétude et devraient être examinées de manière appropriée dans toute la mesure possible ».
- Le prince Andrew a annoncé renoncer à ses titres, y compris celui de duc d’York, et à son appartenance à l’Ordre de la Jarretière.
- Des voix politiques réclament une modification de la loi pour permettre au monarque de retirer formellement l’ensemble des titres et honneurs du prince.
Ces allégations, ravivées par la publication posthume des mémoires de Virginia Giuffre, une des accusatrices de Jeffrey Epstein, ajoutent à la pression sur le prince. Dans son ouvrage, Mme Giuffre réitère avoir été victime de trafic sexuel de la part de Jeffrey Epstein, qui l’aurait contrainte à des relations avec son cercle d’amis influents, dont le prince Andrew. Ce dernier a toujours fermement démenti ces accusations, contrastant avec des informations récentes suggérant qu’il avait cherché à obtenir des renseignements personnels sur son accusatrice auprès d’agents de protection de la police en 2011, et qu’il détenait déjà son numéro de sécurité sociale.
Face à cette situation, le prince a annoncé, vendredi dernier, qu’il renoncerait à l’usage de ses titres, notamment celui de duc d’York, comte d’Inverness et baron Killyleagh. Il a également abandonné son appartenance au prestigieux Ordre de la Jarretière. Il demeure prince en tant que fils de monarque, un titre qui pourrait théoriquement être retiré par lettres patentes, selon le constitutionnaliste Craig Prescott. Sans son titre de duc d’York et s’il cessait d’être prince, il pourrait devenir Andrew Windsor. Il pourrait également être écarté de la ligne de succession au trône, actuellement à la huitième place, bien que cela nécessiterait le consentement de tous les pays du Commonwealth.
Toutefois, certaines voix s’élèvent pour que ces titres soient formellement supprimés par voie législative. Rachael Maskell, députée travailliste de York, affirme que nombre de ses électeurs souhaitent que la ville ne soit plus associée à la famille royale et plaide pour une modification de la loi. Selon elle, un sondage réalisé dans sa circonscription a révélé un soutien écrasant à cette idée. Elle estime qu’une « simple clause unique » pourrait être ajoutée à un projet de loi pour permettre au monarque de retirer les titres et honneurs.
Le Parti national écossais (SNP) à Westminster, par la voix de son leader, soutient également la nécessité d’un meilleur mécanisme de suppression des titres, soulignant la colère et la consternation du public. Interrogée sur le sujet, la secrétaire à l’Éducation, Bridget Phillipson, a indiqué que toute décision ultérieure concernant la suppression des titres du prince ne relèverait pas de l’implication du gouvernement.
Les enquêtes américaines sur les contacts d’Epstein avec des personnalités influentes se poursuivent, et de nouveaux documents sont examinés. Des courriels récemment révélés font état de liens entre Epstein et le prince Andrew, ainsi qu’avec son ex-femme Sarah Ferguson, qui a également perdu son titre et n’est plus la duchesse d’York. Ces courriels suggèrent qu’Epstein aurait financièrement soutenu Sarah Ferguson pendant 15 ans, une affirmation niée par des sources proches de cette dernière. La décision du prince Andrew de renoncer à ses titres restants visait, selon des sources royales, à mettre fin au « défilé constant de gros titres » qui détournait l’attention du travail d’autres membres de la famille royale, comme celui de la reine Camilla et de la duchesse d’Édimbourg dans la lutte contre la violence envers les femmes. Le Palais espère que ce scandale n’éclipsera pas la visite d’État historique du roi Charles au Vatican.