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L’exercice déclenche une enzyme hépatique qui répare les vaisseaux cérébraux vieillissants

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Publié le 22 février 2026 01:11:00. Une équipe de chercheurs américains a découvert qu’une enzyme produite par le foie pendant l’exercice physique pourrait réparer les vaisseaux sanguins cérébraux vieillissants et restaurer la mémoire, ouvrant de nouvelles perspectives thérapeutiques pour lutter contre le déclin cognitif lié à l’âge et les maladies neurodégénératives.

  • L’exercice physique stimule la production d’une enzyme hépatique, la GPLD1, qui agit sur les vaisseaux sanguins cérébraux.
  • Cette enzyme permet de resserrer la barrière hémato-encéphalique, réduisant les fuites et l’inflammation cérébrale.
  • Des tests sur des souris ont montré une amélioration significative de la mémoire après traitement avec la GPLD1.

Le vieillissement s’accompagne souvent d’une détérioration de la barrière hémato-encéphalique (BHE), une structure protectrice qui régule le passage des substances entre le sang et le cerveau. Lorsque cette barrière devient poreuse, des molécules indésirables peuvent s’infiltrer dans les tissus cérébraux, provoquant une inflammation et des troubles cognitifs. Des études antérieures avaient déjà établi un lien entre ces fuites et le déclin de la mémoire chez les personnes âgées, ainsi qu’avec les premiers stades de la maladie d’Alzheimer.

L’équipe du Dr Saul Villeda, de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF), s’est intéressée aux mécanismes par lesquels l’activité physique protège le cerveau. Des recherches antérieures avaient montré que le plasma sanguin de souris entraînées pouvait améliorer les capacités cognitives de souris sédentaires. Ces travaux ont permis d’identifier la GPLD1, une enzyme hépatique libérée dans le sang après l’exercice, capable d’éliminer plus de 100 protéines différentes.

Ce qui surprend, c’est que la GPLD1 n’entre pas dans les tissus cérébraux. Elle agit directement sur la surface des vaisseaux sanguins, éliminant une accumulation de protéines qui se forme avec l’âge et affaiblit la barrière hémato-encéphalique. Les chercheurs ont constaté que chez les souris âgées, l’augmentation de la GPLD1 coïncidait avec un renforcement des parois vasculaires et une amélioration des performances de mémoire.

Des expériences ont révélé qu’une enzyme collante s’accumule sur les cellules qui tapissent les vaisseaux sanguins du cerveau avec l’âge, fragilisant la barrière protectrice. La GPLD1 cible spécifiquement cette accumulation, la dissolvant et restaurant l’intégrité des vaisseaux. Des souris génétiquement modifiées pour présenter une accumulation accrue de cette substance ont montré des déficits de mémoire, simulant le vieillissement cérébral.

En administrant de la GPLD1 à des souris âgées, les chercheurs ont observé une diminution de l’inflammation cérébrale et une amélioration des performances dans des tests de mémoire. Ils ont également constaté que la GPLD1 réduisait les plaques amyloïdes, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, dans l’hippocampe, une région du cerveau cruciale pour la mémoire. Des analyses de tissus cérébraux humains provenant de patients atteints d’Alzheimer ont confirmé la présence de niveaux élevés de cette accumulation sur les vaisseaux sanguins.

Les chercheurs ont également testé un composé alimentaire capable de réduire cette accumulation sans pénétrer dans le cerveau, obtenant des résultats similaires à ceux observés avec l’administration de GPLD1. Cette découverte suggère que cibler la surface des vaisseaux sanguins pourrait être une approche thérapeutique prometteuse pour protéger le cerveau du vieillissement et des maladies neurodégénératives.

« Cette découverte montre à quel point le corps est pertinent pour comprendre comment le cerveau décline avec l’âge »,

Saul Villeda, chercheur à l’UCSF

Bien que prometteuses, ces recherches nécessitent encore des investigations approfondies pour évaluer la sécurité et l’efficacité de cette approche chez l’homme. Il est important de noter que la GPLD1 joue également un rôle dans d’autres tissus, et un blocage à long terme de son activité pourrait avoir des effets indésirables. Néanmoins, ces résultats ouvrent de nouvelles voies pour le développement de thérapies ciblant la barrière hémato-encéphalique, en complément des stratégies traditionnelles axées sur le cerveau lui-même.

L’étude est publiée dans la revue Cell.

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