Home Santé L’exposition maternelle aux PM2,5 pendant la grossesse est liée à une myélinisation plus faible dans le cerveau des nouveau-nés

L’exposition maternelle aux PM2,5 pendant la grossesse est liée à une myélinisation plus faible dans le cerveau des nouveau-nés

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Publié le 2025-10-16 16:52:00. Une nouvelle étude révèle que l’exposition à la pollution de l’air pendant la grossesse pourrait ralentir le développement cérébral des nouveau-nés. Les conclusions suggèrent un impact sur la myélinisation, un processus crucial pour la maturation du cerveau dès les premières semaines de vie.

  • L’exposition aux particules fines (PM2,5) durant la grossesse est associée à une myélinisation plus lente chez les nouveau-nés.
  • Cette étude est la première à examiner le développement cérébral dans le premier mois de vie en lien avec la pollution atmosphérique.
  • Les chercheurs appellent à la prudence et à des efforts accrus pour améliorer la qualité de l’air, notamment dans les zones urbaines.

La myélinisation est un mécanisme fondamental par lequel les connexions neuronales sont gainées, optimisant ainsi la transmission des informations dans le cerveau. Les travaux publiés dans la revue Environnement International, fruit d’une collaboration entre l’Hôpital del Mar, l’Institut de Barcelone pour la santé mondiale (ISGlobal) et le CIBERESP, indiquent qu’une exposition accrue à des particules atmosphériques, particulièrement les PM2,5, pendant la gestation, ralentit ce processus chez les nouveau-nés.

Les PM2,5 sont des particules d’une taille extrême, environ trente fois plus fines qu’un cheveu humain. Elles proviennent des processus de combustion et contiennent une combinaison complexe d’éléments, incluant des composés organiques toxiques ainsi que des métaux essentiels au développement cérébral tels que le fer, le cuivre et le zinc. La nature composite de ces particules rend complexe l’identification d’un seul agent responsable des altérations observées, nécessitant ainsi des recherches approfondies.

Gerard Martínez-Vilavella, chercheur à l’unité IRM du département de radiologie de l’Hôpital del Mar, précise :

Notre étude montre que le processus de myélinisation, un indicateur progressif de la maturation cérébrale, se produit à un rythme plus lent chez les nouveau-nés les plus exposés aux PM2,5 pendant la grossesse.

Gerard Martínez-Vilavella, Chercheur à l’Hôpital del Mar

Pour parvenir à ces conclusions, 132 nouveau-nés ont été suivis. Leurs mères, recevant des soins prénatals dans plusieurs hôpitaux de Barcelone, ont vu leur exposition aux polluants atmosphériques surveillée. Après la naissance, les nourrissons ont passé une IRM avant l’âge d’un mois pour évaluer leur degré de maturation cérébrale, mesuré par les niveaux de myélinisation.

Les résultats établissent une corrélation significative : plus l’exposition maternelle aux PM2,5 durant la grossesse est élevée, plus la myélinisation cérébrale chez le nouveau-né est faible. Les chercheurs soulignent l’importance de surveiller les niveaux de pollution et d’étudier les conséquences à long terme de ce ralentissement sur le développement cognitif et neurologique des enfants. « Il reste toutefois à déterminer si l’effet observé est nécessairement néfaste », ajoute le Dr Jesús Pujol, chef de l’unité IRM de radiologie à l’Hôpital del Mar.

Le Dr Pujol met également en lumière le potentiel de la recherche future :

Dans les premiers stades de la vie, les changements cérébraux sont importants et complexes. Un ralentissement et une accélération excessifs de la maturation cérébrale peuvent être nocifs pour l’enfant. Reste toutefois à déterminer si l’effet observé est nécessairement néfaste. Cette étude ouvre un nouveau champ de recherche passionnant visant à déterminer la vitesse optimale de maturation cérébrale pendant la grossesse et à comprendre comment la mère et le placenta peuvent agir comme des filtres efficaces pour protéger et optimiser ce processus.

Dr Jesús Pujol, Chef de l’unité IRM, Hôpital del Mar

Enfin, Jordi Sunyer, chercheur à ISGlobal, exhorte à ne pas relâcher les efforts :

Les découvertes de ces nouveau-nés, nés à Barcelone après la première phase de la zone à faibles émissions, nous avertissent que nous ne pouvons pas relâcher nos efforts pour assainir l’air de la ville. Des mesures supplémentaires sont nécessaires pour respecter les nouvelles normes de qualité de l’air.

Jordi Sunyer, Chercheur à ISGlobal

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