Publié le 25 février 2026 11h33. Les autorités chiliennes ont entamé ce mercredi le démantèlement de la « Prise de Dignité », un bidonville installé à La Florida, dans la région métropolitaine de Santiago, malgré la résistance des habitants et des incidents sporadiques.
L’opération, qui vise à évacuer environ 400 familles, est menée avec le soutien de la police Carabineros, de la PDI (Police des Investigations), du Serviu Métropolitain (Service de Logement et d’Urbanisme) et de la Délégation Présidentielle Métropolitaine.
Les habitants avaient érigé des barricades avant l’arrivée des forces de l’ordre, mais les incidents ont été rapidement maîtrisés, permettant le début de l’expulsion. Selon le maire Daniel Reyes, cette opération fait suite à une première phase l’année dernière, qui avait déjà conduit à l’évacuation de 200 habitations.
La zone de la « Prise de Dignité » est située dans le ravin de Macul, une zone considérée comme inhabitable en raison du risque de glissements de terrain. Les autorités affirment avoir informé les habitants dès le mois d’octobre dernier et avoir mis en place un décret déclarant la zone impropre à l’habitation.
« Non seulement les gens ont été informés dès le début, en octobre dernier, dans la première étape du processus d’expulsion, mais plus tard, il y a eu l’acte de notification formelle d’un décret déclarant la zone inhabitable. Plus de 20 opérations de différentes natures ont été réalisées, précisément pour pouvoir offrir des solutions de logement, tant de manière définitive que temporaire. »
Daniel Reyes, maire
Un refuge temporaire a été mis en place pour accueillir au moins 50 personnes expulsées. L’opération devrait se terminer entre jeudi et vendredi, selon le délégué Gonzalo Durán, qui espère qu’une nouvelle occupation ne se reconstitue pas sur le site.
« Aujourd’hui commence le point culminant définitif de la Prise de Dignité, une prise qui en premier lieu représentait un risque sérieux pour les familles qui y vivaient, puisque celle-ci était établie sur les rives de la Quebrada de Macul. Là où, comme vous le savez, il y a eu dans le passé des glissements de terrain qui ont entraîné des conséquences tragiques pour les familles qui y vivaient. »
Gonzalo Durán, délégué
Le colonel Ignacio Toledo, de la police Carabineros, a précisé que diverses unités, dont le Contrôle de l’Ordre Public (COP) et le GOPE (Groupe d’Opérations Spéciales), soutiennent l’opération. La Direction de la Recherche Criminelle et des Drogues est également présente en raison de la possibilité de vente de substances illicites sur les lieux.
« Nous prévoyons qu’il pourrait y avoir une certaine résistance de la part des personnes opposées à la suppression de la prise. C’est pourquoi, dans la première phase de cette planification, on envisage l’intervention du personnel de la COP conformément à ses moyens et protocoles correspondants pour pouvoir procéder au rétablissement de l’ordre public. »
Ignacio Toledo, colonel des Carabineros
Les autorités restent vigilantes face à d’éventuelles tentatives de réinstallation des habitants sur le site.