Publié le 2025-10-09 17:34:00. Une étude de l’Université Queen Mary de Londres suggère que le traitement hormonal substitutif (THS) pourrait non seulement soulager les symptômes de la ménopause, mais aussi inverser les changements immunitaires liés à cette étape de la vie, potentiellement en réduisant la vulnérabilité aux infections.
- La ménopause altérerait significativement le système immunitaire des femmes, augmentant le risque d’infections.
- Le THS pourrait restaurer un profil immunitaire plus sain chez les femmes ménopausées.
- Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives pour la santé des femmes au-delà du simple confort des symptômes ménopausiques.
La ménopause, qui survient généralement entre 45 et 55 ans, s’accompagne d’une transition où les femmes voient leur système immunitaire évoluer de manière distincte de celui des hommes. Les recherches menées par l’équipe de l’Université Queen Mary de Londres, publiées dans la revue *Cellule vieillissante*, mettent en lumière le rôle des monocytes, ces cellules immunitaires qui agissent comme premières lignes de défense. L’étude révèle qu’après la ménopause, les femmes développent davantage de monocytes pro-inflammatoires, moins efficaces dans la lutte contre les bactéries. Ce phénomène semble lié à une diminution de la protéine immunitaire C3, essentielle à la capacité des monocytes à neutraliser les agents pathogènes.
Pour évaluer l’impact potentiel du traitement hormonal substitutif (THS), les chercheurs ont examiné des femmes en période périménopausique sous THS. Les résultats sont encourageants : ces femmes présentaient un profil immunitaire plus robuste, caractérisé par une proportion moindre de monocytes inflammatoires et une meilleure capacité à combattre les infections, se rapprochant ainsi de celui des femmes plus jeunes. Leurs niveaux de protéine C3 étaient également plus élevés, suggérant une restauration partielle de leur fonction immunitaire.
« Nos résultats soulignent la ménopause comme un tournant critique pour l’immunité des femmes. Même si le vieillissement touche tout le monde, la perte des hormones féminines semble accélérer le déclin immunitaire chez les femmes. Il est encourageant de constater que l’hormonothérapie semble restaurer des aspects clés de la santé immunitaire, offrant des avantages qui vont au-delà du soulagement des symptômes de la ménopause. »
Dr Emma Chambers, maître de conférences en immunologie à Queen Mary et auteur principal de l’étude
Fiona Miller Smith, directrice générale de Barts Charity, a salué cette recherche pionnière, soulignant son potentiel à transformer la compréhension de la ménopause et du système immunitaire féminin, avec un impact bénéfique pour les femmes, tant dans l’Est de Londres que plus largement.
La ménopause et sa phase de périménopause affectent une large part de la population féminine, impactant la qualité de vie par des symptômes tels que les bouffées de chaleur, les douleurs articulaires ou encore la fatigue. Au Royaume-Uni, plus de quatre millions de femmes dans cette tranche d’âge font partie de la population active, et sont particulièrement sujettes aux interruptions de travail dues à ces symptômes. Si le THS est déjà une option reconnue pour gérer ces manifestations, cette étude ouvre la voie à son utilisation potentielle pour le maintien de la santé immunitaire et la réduction du risque d’infections à long terme.
Les chercheurs rappellent toutefois la nécessité de travaux supplémentaires pour confirmer si le THS réduit effectivement les taux d’infection dans la vie réelle et pour comprendre l’influence des différentes formulations et modes d’administration sur le système immunitaire. Bien que les résultats soient prometteurs, l’étude ne préconise pas une prescription systématique du THS pour la santé immunitaire. Des recherches approfondies sont donc requises pour valider ces observations et explorer toutes les facettes de cette interaction complexe.
Cette étude a bénéficié du financement de Barts Charity et de la Vivensa Foundation.
Source :
Référence du journal :
De Maeyer, R.P.H. et al. (2025) Age-associated inflammatory monocytes are increased in menopausal women and reversed by replacement hormone therapy. doi.org/10.1111/acel.70249