Home Santé L’IA dans le dépistage du cancer du col de l’utérus : essai au Kenya et en Tanzanie

L’IA dans le dépistage du cancer du col de l’utérus : essai au Kenya et en Tanzanie

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Publié le 2025-10-14 17:35:00. L’intelligence artificielle (IA) a été testée avec succès pour le dépistage du cancer du col de l’utérus auprès de 3 000 femmes en Tanzanie et au Kenya. Cette initiative, visant à améliorer l’accès aux diagnostics dans des régions aux ressources limitées, a mis en lumière les défis liés à la standardisation des images et au suivi des patientes.

  • L’IA a permis d’analyser des échantillons de cellules cervicales et de papillomavirus humain (VPH) prélevés dans des hôpitaux ruraux.
  • Des difficultés techniques liées à la coloration des cellules et à la constance des réactifs ont impacté la précision des analyses.
  • Le suivi des femmes identifiées comme nécessitant un traitement s’est avéré complexe, soulignant l’importance d’améliorer la communication et la confiance dans le système de santé local.

L’étude, menée auprès de 3 000 femmes qui n’auraient pas eu accès au dépistage du cancer du col de l’utérus, a impliqué des équipes locales formées à l’utilisation du nouveau système. Les échantillons prélevés sur place ont été numérisés et analysés par une IA, en parallèle de l’examen par des pathologistes. Les femmes présentant des signes de cancer ont ensuite été prises en charge conformément aux directives nationales.

L’un des obstacles majeurs rencontrés fut la variabilité de la qualité des images analysées par l’IA. La coloration des cellules, essentielle pour leur visibilité au microscope, pouvait différer selon les pays et les lots de réactifs, entraînant un manque de cohérence. « La méthode de l’IA a bien fonctionné techniquement, mais le manque de fiabilité de l’approvisionnement en réactifs, les variations de la qualité des réactifs et les coupures de courant ont tous affecté la précision ainsi que la capacité à effectuer ces tests rapidement, y compris les analyses HPV », explique Nina Linder. Un autre défi de taille concernait l’identification et le suivi des femmes nécessitant des soins ultérieurs. « En Tanzanie, nous avons eu pas mal de problèmes de suivi. Certaines femmes ne sont pas revenues, et lorsque nous avons ensuite vérifié leurs échantillons, il s’est avéré qu’elles présentaient des changements nécessitant un traitement », détaille Nina Linder.

Malgré ces défis, les chercheurs considèrent cette étude comme une avancée prometteuse pour l’intégration des diagnostics assistés par IA dans des programmes de santé plus larges, notamment pour d’autres affections féminines. Le professeur Johan Lundin du Karolinska Institutet souligne l’importance de ces technologies : « Grâce aux dernières avancées en matière d’IA médicale, nous pouvons désormais réévaluer ces méthodes et les introduire même dans des contextes aux ressources limitées, rendant ainsi les diagnostics vitaux beaucoup plus accessibles. » Au-delà de l’aspect technique, cette initiative contribue à sensibiliser localement à l’importance du dépistage. « Lorsque les femmes voient qu’il existe des soins de santé fiables et qu’elles obtiennent de l’aide, cela abaisse le seuil de recours aux soins, ce qui renforce la santé ainsi que l’engagement social », conclut Nina Linder.

Référence : Linder N, Nyirenda D, Mårtensson A, Kaingu H, Ngasala B, Lundin J. AI a soutenu les innovations diagnostiques pour avoir un impact sur la santé des femmes dans le monde. BMJ. 2025;391 :e086009. DOI : 10.1136/bmj-2025-086009

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