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L’IA pourrait aider à la détection précoce du cancer du sein agressif

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Publié le 6 février 2026 à 7h00. Une vaste étude suédoise suggère que l’intelligence artificielle pourrait améliorer la détection précoce des cancers du sein agressifs et alléger la charge de travail des radiologues, confrontés à des effectifs limités.

  • L’IA a permis de réduire de 12 % le nombre de cancers d’intervalle (détectés entre les dépistages de routine) dans un essai mené sur près de 100 000 femmes.
  • L’utilisation de l’IA a également diminué de 44 % la charge de travail des radiologues, un avantage significatif dans les établissements de santé sous tension.
  • Les chercheurs soulignent que l’IA doit être considérée comme un outil d’assistance et non comme un substitut au jugement clinique des médecins.

Les cancers du sein représentent le type de cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes. En 2022, on estimait à 2,3 millions le nombre de nouveaux cas dans le monde, entraînant le décès de près de 670 000 personnes. En Europe, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé près de 558 000 nouveaux cas la même année.

L’essai suédois, publié dans la revue médicale The Lancet, a porté sur 99 999 femmes âgées de 40 à 80 ans participant au programme national de dépistage du cancer du sein entre avril 2021 et décembre 2022. La mammographie est reconnue comme la méthode la plus efficace pour détecter les cancers du sein à un stade précoce et réduire la mortalité. Les recommandations européennes préconisent l’examen des mammographies par deux radiologues indépendants.

Cependant, entre 20 % et 30 % des cancers du sein sont diagnostiqués entre les dépistages de routine, ces cancers dits « d’intervalle » ayant tendance à être plus agressifs et plus difficiles à traiter. L’étude visait à déterminer si l’IA pouvait contribuer à réduire leur nombre.

Dans le cadre de l’essai, les femmes ont été réparties aléatoirement dans deux groupes : un groupe bénéficiant d’un dépistage standard réalisé par deux radiologues, et un groupe utilisant une approche assistée par l’IA. Dans ce dernier cas, l’IA signalait les zones suspectes sur les mammographies, laissant ensuite à un radiologue le soin de prendre la décision finale.

Les résultats montrent que le groupe assisté par l’IA a enregistré 11 cancers d’intervalle de moins sur deux ans, soit une réduction de 12 % par rapport au dépistage standard. De plus, davantage de cancers ont été détectés lors des dépistages de routine.

« L’IA a agi comme un outil d’assistance et non comme un substitut. Elle a mis en évidence les zones suspectes dans une mammographie, ce qui a aidé les radiologues lors de l’interprétation. La décision finale de reprogrammer la patiente revenait aux radiologues. »

Jessie Gommers, chercheuse au centre médical de l’université Radboud

L’étude a également mis en évidence une réduction significative de la charge de travail des radiologues. Les résultats préliminaires avaient déjà montré une diminution de 44 % de leur charge de travail, ce qui pourrait être particulièrement bénéfique dans les établissements de santé confrontés à une pénurie de personnel.

Jessie Gommers souligne l’importance de cette réduction des cancers d’intervalle, rappelant que ces cancers sont connus pour être plus agressifs et entraîner des résultats moins favorables pour les patientes.

Bien que la mammographie assistée par l’IA soit déjà en cours d’introduction dans certaines régions de Suède et du Danemark, les chercheurs insistent sur le fait qu’elle n’est pas encore prête à remplacer la supervision humaine et que des tests supplémentaires sont nécessaires.

Des experts indépendants appellent également à la prudence quant à un déploiement plus large à l’échelle mondiale. Le Dr Olga Oikonomidou, chercheuse principale et responsable de la recherche sur le cancer du sein au Centre de lutte contre le cancer de l’Université d’Édimbourg, a précisé que l’essai visait à vérifier si l’IA pouvait aider les radiologues à travailler « plus rapidement et plus efficacement », et non à les remplacer. Elle a également averti que les systèmes d’IA varient considérablement et doivent être soumis à des tests aussi rigoureux que les médicaments, et qu’ils ne doivent pas être considérés comme une alternative moins coûteuse.

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