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L’ICE arrête le commentateur politique musulman britannique Sami Hamdi à l’aéroport de San Francisco

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Le commentateur politique britannique Sami Hamdi a été arrêté dimanche à l’aéroport international de San Francisco après la révocation de son visa, une mesure que des organisations de défense des droits civiques musulmans qualifient de représailles pour ses critiques envers Israël.

Sami Hamdi, un analyste politique basé à Londres, se trouvait aux États-Unis pour une série de conférences lorsque les autorités de l’immigration ont procédé à son arrestation dimanche. Tricia McLaughlin, porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure, a confirmé sur les réseaux sociaux la révocation du visa de Hamdi et sa détention par les services d’immigration et des douanes (ICE) en vue de son expulsion. Dans ses messages, Mme McLaughlin a affirmé, sans fournir de preuves, que M. Hamdi soutenait le terrorisme.

« Sous la présidence Trump, ceux qui soutiennent le terrorisme et nuisent à la sécurité nationale américaine ne seront pas autorisés à travailler ou à visiter ce pays », a écrit la porte-parole, faisant référence à la politique de l’administration.

Le Council on American-Islamic Relations (CAIR), une organisation de défense des droits civiques musulmans, a déclaré que l’arrestation de M. Hamdi était une conséquence directe de ses prises de position lors de sa tournée de conférences. Selon le CAIR, son visa visiteur, qui devait initialement durer plusieurs mois, a été annulé parce qu’il avait « osé critiquer le génocide du gouvernement israélien », qualifiant sa détention d’« affront flagrant à la liberté d’expression ».

Sami Hamdi, connu pour ses analyses sur les développements au Moyen-Orient et la politique intérieure britannique sur les chaînes de télévision du Royaume-Uni, avait participé à un gala annuel du CAIR à Sacramento vendredi soir. Il était attendu pour un autre événement en Floride dimanche soir.

Hussam Ayloush, directeur exécutif de la branche californienne du CAIR, a relaté son choc en recevant un message de M. Hamdi dimanche matin l’informant de son arrestation par des agents fédéraux. Accompagné d’avocats, M. Ayloush a rendu visite à M. Hamdi lundi après-midi au centre de détention de l’ICE à McFarland. « Quand je suis entré pour le rencontrer et voir comment il allait, je me suis senti gêné que mon pays le traite de cette façon », a confié M. Ayloush. « Il n’a causé ni incité à nuire à notre pays. » Selon M. Ayloush, les seules « fautes » de M. Hamdi seraient ses critiques à l’égard des actions d’Israël envers les Palestiniens et le rôle du gouvernement américain dans ce conflit.

Le CAIR et des avocats du Muslim Legal Fund of America travaillent actuellement à la libération de Sami Hamdi. L’organisation a également souligné que l’arrestation faisait suite à des pressions exercées par la militante d’extrême droite Laura Loomer, qui s’est publiquement félicitée d’avoir influencé l’ICE par sa « pression incessante ». Le CAIR accuse Mme Loomer d’avoir diffusé des théories du complot anti-musulmanes à l’encontre de M. Hamdi.

Laura Loomer avait auparavant revendiqué une action réussie pour faire pression sur le gouvernement américain afin d’interdire aux enfants palestiniens blessés par des armes américaines durant le conflit avec Israël de recevoir des soins médicaux aux États-Unis. Cette déclaration intervient dans le sillage d’une décision de l’administration Trump en août dernier de cesser d’approuver les visas visiteurs pour les Palestiniens de Gaza, y compris les enfants gravement malades.

Contacté par le Times, le Département de la Sécurité intérieure a renvoyé à une déclaration du Département d’État américain sur son compte X (anciennement Twitter). Cette déclaration, partagée par Tricia McLaughlin, réaffirme : « Nous l’avons déjà dit, nous le répétons : les États-Unis n’ont aucune obligation d’héberger des étrangers qui soutiennent le terrorisme et compromettent activement la sécurité des Américains. Nous continuons de révoquer les visas des personnes engagées dans de telles activités. »

M. Hamdi, directeur général et rédacteur en chef d’International Interest, une société de conseil en environnements politiques, semble être la dernière personnalité internationale à voir son visa américain révoqué pour des motifs liés à ses discours politiques. Cette affaire rappelle un précédent où un juge fédéral avait critiqué en septembre l’administration Trump pour avoir ciblé de manière inconstitutionnelle des non-citoyens en raison de leur soutien pro-palestinien, dans le but d’étouffer les critiques envers Israël.

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