Publié le 2025-10-23 16:31:00. Une consommation réduite de sucre durant la petite enfance et la grossesse pourrait significativement diminuer le risque de maladies cardiovasculaires plus tard dans la vie, révèle une étude britannique. Les chercheurs ont analysé les effets du rationnement du sucre imposé au Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale.
- Un risque de maladie cardiaque réduit de 20 % pour ceux ayant connu des restrictions de sucre durant la grossesse et les deux premières années de vie.
- Une diminution notable des risques de crise cardiaque (-25 %), d’insuffisance cardiaque (-26 %) et d’accident vasculaire cérébral (-31 %).
- Plus la période de restriction fut longue, plus les bénéfices cardiovasculaires étaient marqués, en partie grâce à une meilleure tension artérielle et une incidence plus faible de diabète.
C’est ce que suggère une étude publiée dans le prestigieux British Medical Journal (BMJ). Les chercheurs ont passé au crible les données de la biobanque britannique concernant 63 433 personnes nées entre octobre 1951 et mars 1956, sans antécédents de maladies cardiaques connues. L’analyse s’est concentrée sur deux groupes : ceux qui ont été exposés au rationnement du sucre, en place de 1940 à 1953, et ceux qui n’ont pas connu cette période de restrictions.
Les dossiers médicaux ont ensuite été examinés pour évaluer l’incidence de diverses pathologies : maladies cardiaques, crises cardiaques, insuffisance cardiaque, arythmies, accidents vasculaires cérébraux (AVC), et décès liés à ces affections. Les résultats indiquent que les individus ayant fait l’objet d’une restriction de sucre durant leur gestation et leurs deux premières années de vie présentaient un risque de maladie cardiaque inférieur de 20 %. Ce bénéfice s’étendait à une réduction de 25 % pour les crises cardiaques, de 26 % pour l’insuffisance cardiaque, de 24 % pour la fibrillation auriculaire et de 31 % pour les AVC. Le risque de décès d’origine cardiovasculaire était quant à lui diminué de 27 %.
L’étude souligne également que plus la période de rationnement du sucre était longue, plus les bénéfices cardiovasculaires étaient importants. Ces améliorations sont partiellement attribuées à une moindre incidence du diabète et à une baisse de la tension artérielle chez les personnes concernées. Les personnes ayant connu des restrictions de sucre ont également bénéficié d’une période plus longue sans problèmes cardiaques, allant jusqu’à deux ans et demi supplémentaires par rapport à celles qui n’avaient jamais été soumises à un rationnement.
Pendant cette période historique, la consommation de sucre était strictement limitée à moins de 40 grammes par jour pour l’ensemble de la population, y compris les femmes enceintes et les enfants. L’ajout de sucre était d’ailleurs interdit dans l’alimentation des nourrissons de moins de deux ans.
L’équipe de recherche, comprenant des scientifiques de l’Université des sciences et technologies de Hong Kong et de la Boston Medical School aux États-Unis, conclut sur l’importance cruciale des premières années de vie pour la santé cardiovasculaire :
« Les 1 000 premiers jours après la conception constituent une fenêtre critique au cours de laquelle la nutrition façonne le risque cardiométabolique tout au long de la vie. De nombreux nourrissons et jeunes enfants consomment des sucres ajoutés en excès via l’alimentation maternelle, les préparations pour nourrissons et les premiers aliments solides. Et enfin, une restriction précoce en sucre était associée à des risques plus faibles d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance cardiaque, de fibrillation auriculaire, d’accident vasculaire cérébral et de mortalité cardiovasculaire. »