Publié le 9 octobre 2025. Une nouvelle étude révèle l’efficacité prometteuse d’un traitement d’immunothérapie sous-cutanée contre les allergies au chat chez les adultes. Ce traitement, administré sur une longue durée, semble améliorer significativement la qualité de vie des patients souffrant de rhinite et de rhinoconjonctivite.
- L’immunothérapie par extrait d’épithélium de chat polymérisé et dépigmenté (Dpg-pol-cat) a démontré son efficacité chez des adultes atteints d’allergie au chat, améliorant la qualité de vie liée à la rhinite.
- Malgré une absence d’amélioration significative de certains symptômes nasaux, le traitement a conduit à une réduction notable de l’usage de médicaments d’urgence et à un meilleur contrôle de l’asthme.
- L’étude rétrospective sur 28 patients suggère également une augmentation des taux d’anticorps IgG4 protecteurs, sans effets secondaires graves notables.
Une étude menée en conditions réelles confirme l’efficacité de l’immunothérapie sous-cutanée avec un extrait d’épithélium de chat, le Dpg-pol-cat, chez les adultes souffrant de rhinite allergique ou de rhinoconjonctivite modérée à sévère, provoquée par le chat. Les résultats, publiés récemment, indiquent que cette approche thérapeutique, déjà en usage, offre des bénéfices durables. « L’efficacité clinique du Dpg-pol-cat était évidente après 6 mois de traitement et s’est maintenue tout au long de l’étude jusqu’à la visite finale à 18/24 mois », soulignent les auteurs de la recherche, dont María Aránzazu Jiménez-Blanco de l’hôpital central de la Cruz Roja San José y Santa Adela en Espagne.
Les allergies aux animaux domestiques, et particulièrement aux chats, sont un problème de santé publique croissant. Environ 26 % des adultes européens suspectés d’allergie aux substances inhalées présentent une sensibilisation au chat. Cependant, les stratégies d’évitement, bien que recommandées, s’avèrent souvent compliquées à mettre en œuvre et peu efficaces dans la vie quotidienne.
Cette étude rétrospective a analysé l’efficacité et l’innocuité du Dpg-pol-cat chez 28 patients. Ces participants souffraient de rhinite ou de rhinoconjonctivite d’intensité modérée à sévère, associée à une allergie au chat, et incluaient également des personnes atteintes d’asthme contrôlé. Le Dpg-pol-cat est un extrait d’allergènes de chat, traité pour réduire sa capacité à provoquer des réactions allergiques (dépigmenté et polymérisé avec du glutaraldéhyde en allergoïdes), puis purifié et adsorbé sur de l’hydroxyde d’aluminium.
L’objectif principal était d’évaluer l’impact du traitement sur la qualité de vie des patients, mesurée par le questionnaire ESPRINT-15, 24 mois après le début du traitement. Les critères secondaires incluaient l’évolution des symptômes de rhinite, la consommation de médicaments d’urgence, le contrôle de l’asthme et la fonction pulmonaire. Des analyses immunologiques ont également été réalisées, portant sur les niveaux d’anticorps IgE et IgG4 spécifiques au chat.
La cohorte étudiée était composée majoritairement de femmes (67,9 %) avec un âge moyen de 35 ans. Le traitement a été suivi en moyenne pendant 21,8 mois. La quasi-totalité des participants (92,9 %) souffrait de rhinoconjonctivite, 85,7 % de rhinite, et tous présentaient un asthme contrôlé ou partiellement contrôlé. Les niveaux médians d’IgE spécifiques à l’épithélium de chat étaient de 42,5 kU/L, et ceux d’IgE totales de 294,0 kU/L.
Le protocole d’administration comprenait une phase initiale d’accumulation rapide en une journée, avec deux doses successives de 0,2 et 0,3 mL espacées de 30 minutes. Par la suite, les patients ont reçu des injections d’entretien mensuelles de 0,5 mL pendant au moins 24 mois. La période de traitement s’est étendue de mai 2018 à décembre 2021.
Les résultats du questionnaire ESPRINT-15 ont révélé des améliorations significatives et constantes dans tous les domaines évalués, dès le sixième mois et jusqu’à la fin de l’étude. Le score médian, initialement de 36,0 points, a chuté à 35,0 à 6 mois (p = 0,0052), puis à 13,0 à 12 mois (p = 0,0002), et s’est stabilisé à 16,0 lors de la visite finale (p = 0,0009). Une amélioration statistiquement significative a également été constatée entre les 12ème et 24ème mois (p = 0,0470).
Concernant la perception de leur état de santé général lié à la rhinite, les patients ont rapporté une amélioration progressive. La proportion d’individus jugeant leur état de santé bon, très bon ou excellent est passée de 76,8 % au début de l’étude à 81,8 % à 6 mois (p = 0,0009), 89,5 % à 12 mois (p = 0,0006), et 90,9 % à la visite finale (p = 0,2211). Globalement, le pourcentage de patients rapportant une amélioration a augmenté d’environ 13 %, passant de 78,6 % à 88,9 % lors de la dernière observation (p = 0,0082).
Cependant, l’étude n’a pas montré d’amélioration significative de certains symptômes nasaux tels que la rhinorrhée, les éternuements, les démangeaisons nasales ou l’obstruction nasale, ni des symptômes oculaires. Seule la respiration sifflante a montré une amélioration notable (p = 0,041). Néanmoins, il est à noter qu’à 24 mois, de nombreux patients ne présentaient plus que des symptômes asymptomatiques ou légers.
Parallèlement, une réduction significative de l’utilisation de médicaments de secours a été observée, passant de 1,79 à 0,96 prise par jour (p < 0,0001). Le contrôle de l'asthme s'est également amélioré, le score moyen ACT passant de 19,07 au départ à 21,63 à 6 mois (p = 0,0051) et 21,95 à 12 mois (p = 0,0201). L’étude a également mis en évidence une augmentation significative de la plupart des taux d’IgG4 après 24 mois d’immunothérapie (de 3,84 à 4,43 kU/L ; p = 0,0092), à l’exception des IgG4 spécifiques contre Fel d 1.
Les réactions locales au traitement ont été majoritairement légères à modérées, avec un seul cas classé comme sévère. Toutes les réactions systémiques étaient d’un grade inférieur à 2, conformément au système de notation de l’Organisation Mondiale de l’Allergie, et sont survenues principalement durant la phase d’augmentation des doses.
« Le Dpg-pol-cat a significativement amélioré la qualité de vie liée à la rhinite, a réduit la gravité des symptômes de rhinoconjonctivite et d’asthme, et a considérablement diminué l’utilisation de médicaments concomitants pour la rhinite et l’asthme », concluent les investigateurs.
Références
- Jiménez-Blanco MA, González-Mendiola MR, Boteanu C et al. Efficacy and Safety of Subcutaneous Immunotherapy Using a Depigmented, Polymerized Cat Epithelium Extract in Allergic Patients: A Real-World Retrospective Study. Frontiers in Allergy. 2025;6:1642315. Publié le 18 septembre 2025. doi:10.3389/falgy.2025.1642315
- Warm K, Lindberg A, Lundbäck B, Rönmark E. Increasing sensitization to common airborne allergens in adults – two population-based studies 15 years apart. Allergy Asthma Clin Immunol. 2013;9(1):20. Publié le 11 juin 2013. doi:10.1186/1710-1492-9-20