Publié le 2025-10-05 09:07:00. La marine indienne a démontré son engagement envers la sécurité maritime régionale lors d’une journée portes ouvertes à Gurugram, présentant ses capacités de surveillance et de coopération internationale face aux défis complexes de l’océan Indien.
- L’Inde renforce sa présence et sa collaboration pour assurer la sécurité de l’océan Indien, un axe vital pour le commerce mondial.
- Les centres IMAC et IFC-OIO jouent un rôle clé dans la collecte, l’analyse et le partage d’informations maritimes pour lutter contre les menaces transnationales.
- Une attention particulière est portée à la cybersécurité maritime, devenue un élément essentiel de la vigilance face aux nouvelles menaces.
Gurugram, Inde – Au cœur de la région de l’océan Indien (IOR), une zone maritime d’une importance stratégique capitale et d’une complexité notable, l’Inde a réaffirmé sa détermination à garantir la sécurité et la stabilité. Cette démarche s’est concrétisée par une visite de familiarisation organisée le vendredi 26 septembre 2025, réunissant 39 correspondants médiatiques issus de 17 pays amis, dont Tempo d’Indonésie. L’événement s’est déroulé au Centre de gestion et d’analyse de l’information (IMAC) et au Centre de fusion de l’information pour la région de l’océan Indien (IFC-OIO), situés à Gurugram.
Cette rencontre visait à éclairer la presse internationale sur l’architecture de sécurité maritime en constante évolution de l’Inde et sur ses partenariats stratégiques. L’objectif principal est de contrer les menaces transnationales telles que le piratage, la traite d’êtres humains et la pêche illégale. L’IMAC et l’IFC-OIO, placés sous l’autorité de la marine indienne, constituent le pilier des efforts indiens en matière de sensibilisation au domaine maritime.
Lors de la présentation, le Lieutenant-Commandant Rohit Jadhav, responsable des opérations de l’IFC-OIO, a souligné l’importance cruciale de l’océan Indien. « C’est une artère vitale pour le commerce mondial et la sécurité énergétique », a-t-il déclaré, précisant que cette région relie 35 nations et soutient les moyens de subsistance de plus de 2,6 milliards de personnes. Il a rappelé que près des deux tiers des expéditions mondiales de pétrole et la moitié de tout le trafic de conteneurs transitent par ces eaux, en faisant un lieu central pour le commerce et la stabilité mondiaux.
Face à ces enjeux stratégiques, l’IMAC a été conçu pour centraliser la collecte et l’analyse d’informations provenant de multiples sources nationales. Cela permet de créer une image opérationnelle commune (COP) essentielle pour surveiller des milliers de navires en temps réel. Le Lieutenant-Commandant Jadhav a insisté sur la réalité des menaces : « La menace pour la sécurité maritime est un danger réel et présent qui exige une vigilance constante ». Il a rappelé les leçons tirées des attentats de Mumbai en 1993 et 2008, qui ont révélé les vulnérabilités des routes maritimes indiennes.
Officiellement approuvé en 2012 et opérationnel depuis 2014, l’IMAC intègre des données provenant de radars côtiers, du Système national d’identification automatique (NAIS), de systèmes de suivi à longue portée et de capteurs satellitaires. Les informations collectées, transmises via des liaisons fibre optique et satellitaires sécurisées, facilitent la coordination des réponses face aux activités suspectes et aux urgences maritimes sur le vaste littoral indien.
Le réseau de partage d’informations de l’Inde s’est étendu à l’international. L’IFC-OIO, créé en décembre 2018 et reconnu par l’Organisation Maritime Internationale (OMI) en 2019, est devenu un centre régional dédié à la sécurité maritime collaborative, favorisant la coordination entre les pays partenaires de l’Indo-Pacifique. « Nous, à l’IFC-IOR, validons et compilons les informations de sécurité maritime », a expliqué le Lt Cmdr. Jadhav. « Nous les analysons, les partageons avec nos partenaires internationaux et les parties prenantes, et entreprenons des réponses conjointes si nécessaire. » Le centre accueille désormais des officiers de liaison internationaux représentant 15 pays partenaires, chacun apportant une expertise régionale et contribuant à la coordination opérationnelle lors d’incidents concrets.
Le Lieutenant-Commandant Jadhav a illustré l’efficacité de cette collaboration par plusieurs exemples, dont le sauvetage des équipages de navires détournés ou en détresse, comme le MV Ruine au large de la Somalie et le MSC El Satri au large des côtes indiennes. « Dans un cas, 35 auteurs ont été appréhendés et 17 membres d’équipage ont été secourus sains et saufs », a-t-il précisé. « Ces opérations couronnées de succès témoignent de l’importance de la coordination et de l’échange d’informations. »
Il a également abordé la réponse du centre à la crise actuelle en mer Rouge, où l’IFC-OIO a fourni une assistance en temps réel aux navires marchands. La Direction Générale de la Navigation en Inde a diffusé des circulaires demandant à tous les navires battant pavillon indien – ainsi qu’à ceux des États membres de l’OMI – de signaler les activités suspectes et les mises à jour de position à l’IFC-IOR. « Cela garantit que les informations sont partagées rapidement pour empêcher l’escalade des menaces », a-t-il ajouté.
Au-delà de la coordination opérationnelle, l’IFC-IOR joue un rôle clé dans le renforcement des capacités par le biais de programmes de formation et d’ateliers. L’atelier annuel sur le partage d’informations maritimes (MISW), son événement phare, a rassemblé des participants de plus de 26 pays. Le Centre a également mené des exercices conjoints avec le Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et dispensé des cours sur la gestion des données maritimes en Afrique de l’Est.
S’adressant aux médias, le Lt Cmdr. Jadhav a présenté des données sur les principales tendances de la sécurité maritime de janvier à août 2025. L’IFC-OIO a enregistré 164 incidents de piratage et de vols à main armée, la majorité des cas se concentrant en Asie du Sud-Est. Environ 594 auteurs ont été appréhendés, tandis que la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) demeure un problème persistant impliquant plus de 700 navires et 3 000 pêcheurs.
Il a également fait état des préoccupations croissantes concernant la contrebande de drogues provenant du « triangle d’or » et des cybermenaces ciblant les infrastructures maritimes, y compris une attaque par ransomware contre le Jawaharlal Nehru Port Trust (JNPT) en 2022. « La cybersécurité est devenue partie intégrante de la sécurité maritime », a-t-il souligné. « Les incidents impliquant des dommages aux câbles sous-marins – qu’ils soient accidentels ou intentionnels – nécessitent également une surveillance accrue. »
En réponse à une question sur la coopération régionale, le Lt Cmdr. Jadhav a précisé que si l’IFC-OIOR entretient de nombreux partenariats, il n’existe actuellement aucun lien opérationnel avec le Pakistan. « Notre coopération se concentre sur les menaces non traditionnelles à la sécurité – piratage, contrebande, pêche illégale et incidents maritimes – et non sur les mouvements navals ou militaires », a-t-il expliqué.
Pour conclure cette séance d’information, le Lt Cmdr. Jadhav a mis en avant l’esprit de collaboration qui sous-tend la mission du centre. « Bien que nous puissions faire très peu individuellement, ensemble, nous pouvons accomplir beaucoup », a-t-il affirmé. « La collaboration est la clé pour améliorer la région de l’océan Indien. L’IFC-OIO est guidé par la vision indienne du ‘Mahasagar’ – Avancement mutuel et holistique pour la sécurité et la croissance dans la région. »