Les négociations commerciales entre l’Inde et les États-Unis connaissent un revirement inattendu après une décision de la Cour suprême américaine invalidant les droits de douane imposés par l’administration Trump. Une visite prévue de négociateurs indiens à Washington a été reportée, le temps pour les deux parties de réévaluer leurs positions.
La source de ce report est une décision rendue vendredi par la Cour suprême américaine, jugeant illégaux les droits de douane mis en place par l’ancien président Donald Trump. Ce dernier avait initialement imposé un tarif douanier mondial de 10 %, puis l’avait augmenté à 15 % en invoquant l’article 122 du Trade Act de 1974.
Selon une source proche du dossier, la réunion sera reportée à une date « mutuellement convenable ». L’Inde et les États-Unis estiment qu’il est nécessaire de prendre le temps d’« évaluer les derniers développements et leurs implications » avant de poursuivre les discussions.
Initialement, une équipe indienne dirigée par Darpan Jain devait se rendre aux États-Unis cette semaine pour trois jours de négociations. L’objectif était de finaliser un accord commercial intérimaire, qui prévoyait une réduction des droits de douane réciproques. L’Inde était soumise à un tarif de 25 %, qui devait être abaissé à 18 % en vertu de cet accord.
Un accord conjoint conclu le 6 février stipulait que si l’un des pays modifiait ses tarifs douaniers, l’autre se réservait le droit de faire de même. À ce stade, il semble que l’Inde, comme d’autres nations, pourrait se retrouver confrontée à des droits de douane de 15 %, en plus des taux de la nation la plus favorisée (généralement entre 2 et 3 %).
« Les négociations sur les droits de douane de 18 % reposaient sur l’hypothèse de certains avantages qui ont désormais disparu », a déclaré Ajay Srivastava, fondateur de la Global Trade Research Initiative et ancien négociateur commercial indien. « Désormais, les deux parties doivent repenser leur stratégie et les États-Unis doivent faire face à des questions plus urgentes. »
Des discussions virtuelles ont déjà eu lieu entre les parties depuis l’annonce du 6 février. Les rencontres en personne prévues la semaine prochaine avec l’ambassadeur américain au Commerce, Jamieson Greer, étaient considérées comme une étape cruciale vers la finalisation du texte juridique de l’accord.
Le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal, avait indiqué vendredi qu’un accord commercial intérimaire pourrait être signé en mars et mis en œuvre en avril. Cependant, cette échéance semble désormais incertaine.