Publié le 23 février 2026 18:52:00. Des études récentes mettent en lumière une disparité frappante : les footballeuses professionnelles sont six fois plus susceptibles de subir des blessures au genou que leurs homologues masculins, poussant les instances sportives à investiguer les causes de ce phénomène.
- La Fédération britannique de football a réagi face à la confirmation d’un taux de blessures au genou significativement plus élevé chez les joueuses professionnelles.
- Une étude internationale de trois ans a été lancée par l’Association des footballeurs professionnels pour tenter d’expliquer cette différence.
- Des facteurs physiologiques, notamment les différences anatomiques et hormonales liées au cycle menstruel, pourraient jouer un rôle dans ce risque accru.
Face à cette disparité alarmante, la Fédération britannique de football a été contrainte d’agir. L’Association des footballeurs professionnels a commandé une étude approfondie menée à l’échelle internationale afin de comprendre les raisons pour lesquelles les joueuses de haut niveau sont bien plus touchées par les blessures au genou que les hommes. Bien que les résultats complets de cette étude de trois ans ne soient pas attendus avant l’année prochaine, des premiers éléments suggèrent que des différences biologiques pourraient être en cause.
Les femmes présentent en moyenne un bassin plus large que les hommes, ce qui modifie l’alignement des jambes et peut affecter la stabilité des genoux. Au-delà de ces différences anatomiques, certaines variations physiologiques, notamment celles liées au cycle menstruel, pourraient également jouer un rôle défavorable. Selon certains experts, les fluctuations hormonales pendant les règles pourraient avoir un impact sur la stabilité articulaire.
Des études suggèrent que la libération d’hormones pendant la menstruation pourrait affecter négativement la stabilité des articulations. De plus, l’inconfort psychologique associé aux variations hormonales pourrait également contribuer à augmenter le risque de blessure.
« Nous savons que cela modifie leurs hormones de stress (chez les femmes). Nous savons que cela peut nuire à la récupération musculaire après l’exercice et provoquer une constriction des nerfs périphériques, ce qui nuit à leur concentration. »
Dale Forsdyke, chercheuse à l’université York St. John en Angleterre
Les changements physiologiques que subit le corps d’une femme pendant ses règles augmentent le risque de blessure, ce qui a conduit certains médecins à recommander le repos plutôt que l’activité physique. Cependant, cette option est impensable pour les athlètes de haut niveau, qui continuent de repousser leurs limites dans des disciplines exigeantes comme le ski alpin ou le hockey sur glace aux Jeux olympiques d’hiver. Reste que la question de savoir si les menstruations affectent leurs performances – et par conséquent, leur risque de blessure – reste souvent taboue, à moins que les athlètes elles-mêmes ne souhaitent en parler, comme l’a fait Dorothea Wiererová.
La recherche se poursuit pour mieux comprendre les mécanismes en jeu et développer des stratégies de prévention adaptées aux spécificités du corps féminin dans le sport de haut niveau.