Publié le 2025-11-01 07:01:00. L’influence irlandaise à Washington connaît un déclin notable, menaçant son modèle économique face à des politiques étrangères divergentes, notamment sous l’administration Trump. C’est la conclusion d’un rapport d’un influent groupe de réflexion basé à Londres.
- Le rapport « Peak Ireland? » du Policy Exchange détaille la perte d’influence de l’Irlande aux États-Unis.
- Ce déclin est attribué à une politique étrangère de plus en plus autonome, notamment sur la question d’Israël et les relations avec la Chine, contrastant avec les priorités américaines.
- Le document met également en lumière la faiblesse de l’investissement irlandais dans sa propre défense, contrastant avec son ambition diplomatique.
Le groupe de réflexion Policy Exchange, bien qu’ayant fait l’objet de critiques quant à la transparence de son financement, est reconnu pour son influence. Son analyse pointe un affaiblissement de la capacité irlandaise à façonner les décisions à Washington, malgré un succès historique dans l’attraction des investissements des multinationales américaines, facilité par un régime fiscal avantageux et une habileté à résister aux interférences de l’Union européenne en matière de fiscalité.
Le rapport rappelle la stratégie diplomatique irlandaise, souvent saluée pour sa capacité à défendre les intérêts nationaux tant à Bruxelles qu’à Washington, particulièrement dans le contexte du Brexit. Les diplomates irlandais auraient réussi à « déjouer les Britanniques » à plusieurs reprises, obtenant des résultats probants pour leurs intérêts.
Cependant, le document avance que le programme de l’administration Trump, incarné par l’ancien président Donald Trump, pose des défis majeurs. Ces défis surviennent à un moment où l’Irlande est interpellée sur son sous-investissement dans sa propre défense, et par extension, celle de l’UE, dans un contexte sécuritaire mondial tendu.
« Les défis s’accumulent rapidement pour les fondements mêmes du « miracle économique » irlandais », souligne le rapport. Il note une surveillance accrue de la diplomatie irlandaise, la plus intense depuis la Seconde Guerre mondiale. Le document critique également le modèle économique irlandais, le décrivant comme un « parasite » profitant du parapluie sécuritaire offert par les États-Unis, le Royaume-Uni et d’autres pays européens, tout en ne consacrant qu’environ 0,2 % de son PIB à la défense et en maintenant une politique de neutralité militaire.
La position de l’Irlande vis-à-vis d’Israël est particulièrement pointée du doigt. Le rapport indique que ce « désalignement traditionnel » avec les objectifs de la politique étrangère américaine suscite l’ire des élus des deux partis au Capitole. L’animosité historique envers Israël aurait atteint un point culminant avec la législation visant à boycotter les importations des colonies israéliennes en Cisjordanie, provoquant des réactions vives de l’administration Trump et de ses alliés au Congrès.
« L’Irlande est politiquement piégée dans un cycle d’activisme accru en matière de politique étrangère, au moment même où ses intérêts économiques suggèrent la nécessité d’une plus grande prudence », conclut le rapport, citant également les déclarations du président Michael D. Higgins sur le sujet. L’enthousiasme de l’Irlande pour le renforcement des liens commerciaux avec la Chine est également critiqué.
Dans l’avant-propos du rapport, Robert O’Brien, ancien conseiller à la sécurité nationale de l’administration Trump, exprime clairement cette attente : « L’administration Trump et le peuple américain attendent un meilleur partage des charges de la part de nos alliés et partenaires. Une grande partie de l’Europe intensifie ses efforts, mais l’Irlande ne contribue presque pas à la défense des régions atlantiques et européennes dont elle profite tant… »
Il ajoute : « Pendant ce temps, malgré sa neutralité déclarée, l’Irlande mène une politique étrangère de plus en plus militante, marquée par sa divergence avec tout ce que défend l’administration Trump, en particulier au Moyen-Orient. L’Irlande est à l’avant-garde des allégations de génocide contre Israël et est historiquement l’une des nations les plus hostiles à Israël dans le monde occidental. Pendant ce temps, alors qu’elle recherche des investissements américains, elle se rapproche de la Chine, sans se soucier apparemment du bilan de la Chine en matière de droits de l’homme. »