Publié le 25 février 2026 17h42. Une interdiction de rassemblements dans le centre d’Almere, visant à lutter contre les troubles à l’ordre public, suscite une vive polémique et des critiques quant à son impact sur les libertés individuelles.
L’interdiction, entrée en vigueur hier, interdit tout regroupement de trois personnes ou plus dans le centre-ville, passible d’une amende ou d’une arrestation. Cette mesure, justifiée par une augmentation des nuisances liées à la délinquance et aux troubles à l’ordre public, est jugée disproportionnée par plusieurs observateurs.
Selon le maire Van der Loo, cette décision fait suite à une recrudescence des troubles, notamment liés au trafic de drogue, à l’intimidation des passants et à des affrontements organisés via les réseaux sociaux. La mesure est prévue pour une durée de six mois, après quoi une évaluation sera effectuée.
L’organisation de défense des droits humains Amnesty International a exprimé ses préoccupations face à cette interdiction.
« Le fait qu’une mesure d’une telle envergure soit utilisée est pour le moins inquiétant. »
Amnesty International
L’organisation estime qu’il est important de ne pas criminaliser les comportements sociaux normaux des jeunes.
Le professeur de droit constitutionnel et administratif Jon Schilder, de la Vrije Universiteit (VU) d’Amsterdam, qualifie cette interdiction de « mesure idiote ».
« Cela peut conduire à une application arbitraire à un certain groupe de jeunes. Cela peut même s’avérer discriminatoire. Si des jeunes veulent se réunir pour se détendre, ils peuvent en théorie déjà tomber sous le coup de l’interdiction de rassemblement. Je pense qu’il s’agit d’une restriction très importante de leur liberté de mouvement. »
Jon Schilder, professeur de droit constitutionnel et administratif, VU Amsterdam
La municipalité d’Almere précise que l’interdiction ne vise que les situations où un comportement conduit ou risque de conduire à des troubles à l’ordre public. Selon un porte-parole du maire Van der Loo, la police pourra donner l’ordre de se disperser, verbaliser ou procéder à une arrestation en fonction de la situation. Cette interdiction s’inscrit dans une approche plus large de lutte contre les nuisances en centre-ville, incluant la prévention, l’assistance, un travail de jeunesse spécialisé et des approches personnalisées.
L’application de cette mesure suscite des interrogations au sein du conseil municipal. Les partis PVV et VVD soutiennent l’interdiction, mais s’inquiètent de la capacité de la police à la faire respecter. Le PvdA s’interroge sur les modalités de contrôle et craint que les nuisances ne se déplacent vers les zones périphériques.
Un sondage rapide auprès des habitants d’Almere révèle un accueil mitigé. Certains se disent favorables à cette mesure pour assurer la sécurité, tandis que d’autres estiment que l’espace public doit rester accessible à tous, sauf en cas de troubles manifestes.