Publié le 2024-02-14 10:22:00. L’Iran a célébré le 45e anniversaire de sa révolution de 1979 par des manifestations de masse, tandis que les négociations indirectes avec les États-Unis, sous l’œil attentif d’Israël, progressent avec prudence sur le dossier nucléaire.
- Le président iranien Massoud Pezeshkian a réaffirmé la volonté de son pays de négocier son programme nucléaire et de faire des concessions.
- Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a souligné que les capacités de missiles de Téhéran ne sont pas négociables.
- Les tensions restent vives, avec des rencontres diplomatiques intenses entre les États-Unis, Israël et les acteurs régionaux.
Des manifestations massives ont eu lieu mercredi dans plusieurs villes iraniennes pour commémorer le 45e anniversaire de la révolution de 1979, qui a mis fin au règne du Shah. Ces rassemblements, où les participants brandissaient des drapeaux iraniens et des banderoles anti-américaines et anti-israéliennes, se sont déroulés alors que l’attention se portait sur les discussions diplomatiques en cours entre Washington et Téhéran. Des images diffusées par la télévision d’État ont montré des participants brûlant des drapeaux américains et israéliens.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a pris la parole depuis la place Azadi à Téhéran, devant une foule importante. Il a insisté sur la disposition de son pays à négocier son programme nucléaire et à faire des concessions, dans le contexte des négociations avec Washington dont l’issue demeure incertaine.
« Nous ne cherchons pas à posséder l’arme nucléaire et sommes prêts à toutes formes d’enquêtes et d’inspections »
Massoud Pezeshkian, président iranien
Cette déclaration intervient malgré les accusations antérieures et les obstacles que les autorités iraniennes ont opposés pendant des mois aux inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Pezeshkian a également dénoncé un « mur de méfiance » érigé par les États-Unis et l’Europe, qu’il estime être un frein à la conclusion d’un accord. Il a affirmé que son pays avance avec détermination vers un dialogue visant la paix et la stabilité.
Parallèlement, Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a participé aux manifestations et a déclaré que les « capacités de missiles » de Téhéran « ne relèvent pas des pouvoirs des négociateurs et ne sont pas sujettes à négociation ». Il a également mis en garde contre les conséquences d’une escalade, soulignant que toute confrontation pourrait avoir des répercussions mondiales, compte tenu des vastes ressources énergétiques de la région.
« Toute escalade peut se refléter dans de multiples facteurs et son impact s’étendra à la vie des gens du monde entier »
Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien
La diplomatie régionale est également en effervescence. Après une visite à Mascate, en Oman, où se sont déroulés les premiers cycles de négociations avec Washington, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, s’est rendu à Doha pour rencontrer l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani. L’émir qatari a également discuté de la situation régionale avec le président américain Donald Trump.
Les tensions sont exacerbées par la position d’Israël. Avant de rencontrer Trump, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il présenterait au président américain les « principes israéliens » concernant les négociations, qui incluent l’annulation du programme nucléaire iranien et du programme de missiles balistiques, ainsi que le soutien aux groupes régionaux. Ces exigences sont considérées par Téhéran comme des « lignes rouges », et le ministère iranien des Affaires étrangères a mis en garde contre les « effets destructeurs » d’Israël sur le processus de négociation.
Donald Trump a affirmé que « l’Iran veut parvenir à un accord », tout en laissant entendre qu’il pourrait envisager une action militaire si les négociations échouent. Il a évoqué la possibilité d’envoyer un deuxième porte-avions au Moyen-Orient pour faire pression sur Téhéran. Des sources israéliennes citées par CNN indiquent que Netanyahu a l’intention de discuter avec Trump d’éventuelles options militaires contre l’Iran, Israël se préparant à différents scénarios en cas d’échec des négociations.