Les contribuables français s’apprêtent à vivre une année fiscale sous le signe de la stagnation. Entre la révision à la baisse de certaines aides et la réorganisation d’avantages fiscaux, le projet de loi de finances 2026 dessine un paysage économique qui promet de ne pas alléger la charge de certains foyers, tout en modifiant la donne pour d’autres.
- Gel du barème de l’impôt sur le revenu, entraînant une hausse implicite pour les hausses de salaires.
- Maintien du niveau actuel des prestations sociales, sans revalorisation.
- Réforme de l’abattement fiscal sur les retraites, passant d’un taux à un forfait.
- Prolongation de la taxe sur les hauts revenus.
- Doublement du plafond de la réduction d’impôt pour dons aux associations.
- Report de l’âge pour la majoration des allocations familiales.
Alors que les débats parlementaires débutent, un coup de projecteur sur les principales mesures annoncées dans le projet de loi de finances pour 2026 révèle un effort de consolidation budgétaire qui se traduira par des ajustements significatifs pour de nombreux ménages français.
Impôt sur le revenu : une hausse silencieuse
Le barème de l’impôt sur le revenu, exceptionnellement, ne sera pas indexé sur l’inflation en 2026. Cette mesure, qui vise à générer 1,9 milliard d’euros de recettes supplémentaires, aura pour conséquence directe une augmentation de l’impôt payé par ceux qui ont vu leurs revenus progresser dans l’année. De plus, environ 200 000 foyers fiscaux, auparavant non imposables, se retrouveront assujettis à l’impôt.
Le barème actuel, pour une part fiscale, se décompose comme suit :
| Fraction du revenu imposable (pour une part) | Taux d’imposition |
| n’excédant pas 11 497 € | 0 % |
| de 11 498 € à 29 315 € | 11 % |
| de 29 316 € à 83 823 € | 30 % |
| de 83 824 € à 180 294 € | 41 % |
| supérieure à 180 294 € | 45 % |
Certains parlementaires envisagent toutefois une revalorisation ciblée des deux premières tranches du barème afin d’atténuer l’impact sur les ménages les plus modestes. Ces discussions restent à suivre.
Prestations sociales : le statu quo maintenu
Le projet de loi de finances prévoit que l’ensemble des prestations sociales resteront inchangées en 2026, conservant leur niveau de 2025. « Cette mesure s’inscrit dans un contexte de faible inflation qui en limitera l’incidence sur le pouvoir d’achat des bénéficiaires, tout en ayant un effet majeur pour freiner l’évolution de la dépense sociale », indique le texte. Cela concerne notamment les aides personnalisées au logement (APL), les allocations pour les personnes handicapées et les allocations familiales. Par ailleurs, les étudiants étrangers hors Union européenne non boursiers ne pourront plus prétendre aux aides au logement.
Retraites : fin de l’abattement proportionnel
L’abattement de 10 % actuellement appliqué sur les pensions de retraite sera remplacé par un abattement forfaitaire. Pour les célibataires, il sera de 2 000 €, et pour les couples, il s’élèvera à 4 000 €. Cette réforme, bien que neutre pour les retraités non imposables, pourrait peser davantage sur les déclarations de revenus des personnes percevant plus de 50 000 € de retraite.
Taxe sur les hauts revenus : une reconduction
La Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), initialement conçue comme une mesure temporaire, sera prolongée d’une année supplémentaire. Ce dispositif vise à garantir une imposition minimale de 20 % pour les contribuables dont les revenus dépassent 250 000 € pour un célibataire et 500 000 € pour un couple.
Un coup de pouce pour les dons, un frein pour les allocations
Dans un mouvement contrasté, le projet de loi envisage un doublement du plafond de réduction d’impôt pour les dons effectués au profit d’organismes d’aide aux personnes en difficulté. Le plafond des dons éligibles passerait ainsi de 1 000 € à 2 000 €, maintenant le taux de réduction à 75 %.
En revanche, le seuil d’âge pour bénéficier de la majoration des allocations familiales pour les familles ayant deux enfants ou plus sera relevé de 14 à 18 ans, générant ainsi une économie d’environ 200 millions d’euros. Parallèlement, la petite réduction d’impôt pour frais de scolarité (61 € pour le collège, 153 € pour le lycée général et technologique, 183 € pour le supérieur) sera supprimée.
Emploi à domicile : une potentielle réduction d’avantage fiscal
Bien que non inscrite formellement dans le projet de loi de finances, la question du crédit d’impôt pour emploi à domicile, deuxième niche fiscale la plus coûteuse après le crédit d’impôt recherche, suscite des discussions. Des parlementaires suggèrent une diminution de l’avantage fiscal, actuellement fixé à 50 % des dépenses dans la limite de 12 000 € annuels. Le taux pourrait être revu à la baisse pour certains travaux. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a toutefois précisé que le taux ne serait pas modifié pour la garde d’enfants et l’aide aux personnes âgées.