Publié le 19 février 2024. La Libye a officiellement éliminé le trachome comme problème de santé publique, une victoire significative pour le pays malgré une décennie d’instabilité et de défis humanitaires. Cette avancée place la Libye parmi les nations leaders dans la lutte contre cette infection oculaire contagieuse en Méditerranée orientale.
- La Libye est le 28ème pays au monde et le huitième de la région de la Méditerranée orientale à atteindre cet objectif.
- L’élimination a été confirmée après des enquêtes menées en 2022 et 2025, révélant une prévalence du trachome et du trichiasis inférieure aux seuils fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
- Le programme national libyen a combiné surveillance, chirurgie et renforcement des compétences du personnel soignant pour surmonter les obstacles liés à l’instabilité politique et aux difficultés humanitaires.
Malgré des années marquées par l’instabilité politique et des crises humanitaires ayant mis à rude épreuve son système de santé, la Libye a réussi à éradiquer le trachome en tant que problème de santé publique. L’annonce a été faite mercredi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), saluant une étape cruciale pour la santé publique dans la région de la Méditerranée orientale.
Les enquêtes réalisées en 2022 dans six districts du sud du pays ont révélé que la prévalence du trachome actif et du trichiasis – une complication grave où les cils se recourbent vers l’intérieur, irritant la cornée – était inférieure aux seuils d’élimination définis par l’OMS. Une exception a été notée dans le district de Wadi Al Hayaa/Ghat, où une campagne chirurgicale ciblée a été immédiatement lancée pour traiter les cas restants. Une nouvelle évaluation en 2025 a confirmé la baisse de la prévalence du trichiasis en dessous du seuil requis.
L’OMS souligne que le succès libyen est d’autant plus remarquable qu’il a été obtenu dans un contexte difficile, caractérisé par des déplacements de population et une pression accrue sur les infrastructures d’eau et d’assainissement. Le programme national d’élimination du trachome a mis l’accent sur une surveillance rigoureuse, l’amélioration de l’accès aux interventions chirurgicales et le renforcement des capacités des agents de santé, en collaboration avec des partenaires locaux et internationaux.
Le trachome, causé par la bactérie Chlamydia trachomatis, se transmet par contact direct ou indirect avec les sécrétions oculaires d’une personne infectée. Des infections répétées peuvent entraîner des cicatrices sur la conjonctive, conduisant au trichiasis et, à terme, à la cécité si non traitées. Documenté en Libye depuis plus d’un siècle, le trachome était particulièrement répandu dans le sud du pays au XXe siècle. Les premières initiatives de lutte remontent aux années 1970 et 1980, ayant permis une réduction significative de la transmission avant d’aboutir à cette élimination historique.