Le Long-COVID pourrait être lié à un dysfonctionnement des mitochondries, les centrales énergétiques de nos cellules. Des recherches récentes ouvrent la voie à de nouvelles thérapies ciblant le métabolisme énergétique pour soulager la fatigue chronique et les troubles cognitifs associés à cette condition post-COVID.
La fatigue persistante et les difficultés de concentration, symptômes fréquemment rapportés par les personnes souffrant du Long-COVID, trouvent désormais une explication potentielle au niveau cellulaire. Des études indiquent que le virus peut endommager durablement les mitochondries, entraînant une production d’énergie insuffisante, en particulier dans le cerveau. Ce déficit énergétique pourrait être directement responsable du « brouillard cérébral » et de l’épuisement constant ressentis par de nombreux patients.
Les mitochondries, fragilisées par le virus, gonflent et perdent en efficacité, limitant l’apport en énergie même pour les fonctions cognitives les plus basiques. Des scientifiques ont identifié des mécanismes précis à l’œuvre : une réponse immunitaire prolongée génère un stress oxydatif qui attaque ces organelles cellulaires essentielles. Une équipe de l’hôpital universitaire de Fribourg a notamment découvert une sorte de « cicatrice immunitaire » dans le cerveau, tandis qu’une étude menée par Helmholtz Munich et la LMU a révélé que des résidus viraux dans les méninges peuvent déclencher une inflammation chronique.
Ces découvertes ouvrent la voie à des traitements axés sur la cause profonde du problème : la régénération des mitochondries. Une approche prometteuse réside dans la médecine orthomoléculaire, qui consiste à utiliser des micronutriments spécifiques pour stimuler la production d’énergie. Parmi ces micronutriments figurent les vitamines B, le coenzyme Q10 et la L-Carnitine. Des antioxydants, tels que la N-acétylcystéine (NAC), sont également recommandés pour protéger les cellules contre le stress oxydatif. Des études préliminaires suggèrent que certains mélanges d’acides aminés pourraient également atténuer la fatigue.
Parallèlement, l’adoption d’un régime alimentaire anti-inflammatoire, comme le régime méditerranéen, est de plus en plus encouragée. Les experts préconisent une approche multimodale, intégrant une gestion rigoureuse de l’énergie. La « stratégie de stimulation » vise à aider les patients à reconnaître leurs limites et à éviter un stress excessif qui pourrait aggraver leurs symptômes. Des exercices légers, adaptés à la tolérance de chacun, ainsi que des exercices neuroathlétiques pour stimuler le nerf vague, complètent cette approche thérapeutique.
À ce stade, des recherches sont en cours pour identifier des biomarqueurs permettant de détecter précocement les patients à risque de développer un dysfonctionnement mitochondrial. L’équipe de MedUni Vienne travaille sur des tests validés pour faciliter ce diagnostic précoce. Des essais cliniques étudient également des approches pharmaceutiques, notamment la neutralisation des auto-anticorps qui perturbent la circulation sanguine cérébrale. L’espoir d’offrir des thérapies ciblées et d’améliorer la qualité de vie des millions de personnes touchées par le Long-COVID est plus fort que jamais.