Tensions accrues entre les États-Unis et le Venezuela après des opérations militaires américaines en mer. Le Sous-Secrétaire général de l’ONU, Miroslav Jenča, a alerté le Conseil de sécurité sur les conséquences des actions américaines menées entre le 2 septembre et le 3 octobre, accusées par Caracas d’avoir exacerbé les tensions et violé sa souveraineté. Ces opérations, visant selon Washington des navires transportant des drogues illégales, ont fait 21 victimes, selon les autorités américaines, un bilan que l’ONU ne peut vérifier de manière indépendante.
M. Jenča a précisé que le Venezuela s’était déclaré en état d’alerte dès le mois d’août, suite aux premiers signalements de déploiements militaires américains. Le président Nicolas Maduro aurait mobilisé 4,5 millions de membres de la milice bolivarienne en soutien aux forces armées. Les autorités vénézuéliennes perçoivent ces frappes comme une provocation. Le représentant permanent du Venezuela auprès de l’ONU a d’ailleurs écrit au Conseil de sécurité le 9 octobre, dénonçant une manœuvre américaine visant à « faire progresser leurs politiques de changement de régime ».
En défense de ses actions, Washington a affirmé qu’elles étaient conformes au droit régissant les conflits armés et nécessaires pour protéger les citoyens américains du trafic de stupéfiants. « Le président a agi conformément au droit des conflits armés », cherchant à protéger les États-Unis « de ceux qui tentent d’apporter un poison mortel » sur leurs côtes, a rapporté un porte-parole de la Maison Blanche cité par M. Jenča.
Caracas a également signalé des survols d’avions de combat américains près de ses côtes et l’immobilisation d’un bateau de pêche dans ses eaux territoriales. De son côté, Washington a affirmé que deux avions militaires vénézuéliens avaient survolé un navire de la marine américaine en eaux internationales.
Face à cette escalade, l’ONU a multiplié les appels à la retenue, soulignant que la lutte contre le trafic de drogue devait se dérouler dans le respect du droit international et des droits de l’homme. « Nous continuons de souligner la nécessité que tous les efforts visant à lutter contre la criminalité transnationale organisée soient menés conformément au droit international », a insisté M. Jenča. L’organisation onusienne a réaffirmé son soutien au dialogue diplomatique et aux mesures visant à prévenir toute nouvelle escalade, exhortant les deux capitales à privilégier la désescalade et un engagement constructif.