Les négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis, orchestrées par Oman, ont été suspendues ce jeudi, sans avancée majeure, alors que les tensions régionales restent vives. Téhéran insiste sur le caractère inacceptable de toute pression ou menace dans le cadre d’un éventuel accord sur son programme nucléaire.
Selon les médias d’État iraniens, les discussions, qui se déroulaient à Oman, ont pris fin à 13h30 GMT. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Araghchi, a précisé qu’il n’y avait eu aucune rencontre directe entre les diplomates américains et iraniens. C’est le ministre omanais des Affaires étrangères qui a joué le rôle d’intermédiaire, transmettant les messages entre les deux parties.
Malgré l’absence de percée, la tenue d’une deuxième réunion est perçue comme un signe potentiellement positif. Les observateurs estiment qu’une impasse totale aurait probablement empêché la poursuite des discussions.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a souligné, via l’agence de presse officielle IRNA, que toute négociation concernant le programme nucléaire iranien doit se dérouler « sans menaces ». « La condition préalable à tout dialogue est de s’abstenir de menaces et de pressions », a déclaré Araghchi. « Nous avons clairement soulevé ce point aujourd’hui et nous espérons qu’il sera respecté pour permettre la poursuite des négociations. »
Cette position ferme intervient après des menaces répétées du président américain Trump d’attaquer l’Iran, accompagnées d’un renforcement militaire américain dans le Golfe, suscitant des inquiétudes quant à une possible escalade du conflit.
De son côté, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi, a décrit son pays comme le facilitateur de « pourparlers très sérieux » entre l’Iran et les États-Unis. « Il a été utile de clarifier la pensée iranienne et américaine et d’identifier les domaines de progrès possibles », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Il a également indiqué que de nouvelles rencontres pourraient avoir lieu ultérieurement, après un examen attentif des résultats à Téhéran et à Washington, sans toutefois préciser de date.
Les divergences demeurent importantes. L’Iran maintient que les négociations doivent se concentrer exclusivement sur son programme nucléaire, affirmant son droit à enrichir de l’uranium sur son territoire et ne pas transférer d’uranium enrichi au-delà de 400 kilogrammes. Les États-Unis, quant à eux, souhaitent aborder un ensemble de questions plus large, incluant le programme de missiles iranien, ses exportations d’énergie vers la Chine et ses relations avec ses alliés régionaux, des sujets que l’Iran considère comme hors de propos.
À ce stade, les marchés financiers semblent attendre une réaction du président Trump avant de prendre une direction claire. Les contrats à terme sur l’or et l’argent affichent une attitude prudente, se maintenant au-dessus de certains seuils techniques, mais sans franchir des résistances majeures.