Publié le 2025-10-20 12:15:00. Les menaces douanières de Donald Trump sur l’Espagne pour son faible budget de défense ont suscité une ferme réaction de la Commission européenne, qui rappelle l’exclusivité de l’UE en matière de politique commerciale. L’OTAN, de son côté, tempère les critiques directes tout en saluant la pression sur les dépenses militaires.
- La Commission européenne réaffirme sa compétence exclusive en matière de politique commerciale et promet une réponse commune à toute action contre un État membre.
- L’OTAN évite les critiques ouvertes envers Donald Trump, tout en reconnaissant son rôle dans la hausse des objectifs de dépenses de défense.
- L’Espagne maintient sa position sur son engagement actuel de dépenses militaires, jugé suffisant pour répondre aux exigences de l’Alliance.
L’ancien président américain Donald Trump a de nouveau brandi la menace d’imposer des droits de douane à l’Espagne, lui reprochant de ne pas atteindre les 5% du Produit Intérieur Brut (PIB) consacrés aux dépenses de défense, un objectif fixé au sein de l’OTAN. Cette escalade verbale a trouvé une réponse ferme à Bruxelles. La Commission européenne a rappelé, ce mercredi, que la politique commerciale relève de la compétence exclusive de l’Union européenne. Par conséquent, toute mesure économique hostile envers un État membre serait considérée comme une attaque contre l’ensemble de l’UE, entraînant une riposte collective.
« Nous réagirions de manière appropriée, comme nous le faisons toujours, à toute mesure prise contre un ou plusieurs de nos États membres », a déclaré un porte-parole de la Commission, interrogé sur les avertissements de Donald Trump. La Commission européenne a par ailleurs souligné l’existence d’un accord bilatéral avec les États-Unis visant à éviter l’application de droits de douane, précisant que tout conflit commercial devait être résolu dans ce cadre.
Au sein même de l’OTAN, la discrétion est de mise concernant les propos du dirigeant américain, qui a même évoqué la possibilité d’expulser l’Espagne pour non-respect de l’objectif de 5%. Un tel scénario n’est cependant pas envisageable selon les traités de l’Alliance, puisque la seule voie pour quitter l’organisation est la décision souveraine d’un État membre. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a cependant salué la contribution de Donald Trump à la fixation du nouvel objectif d’investissement dans la défense.
« Sans lui, nous n’aurions jamais atteint le résultat de 5% du PIB… Il fait pression pour que cela se produise. Moi aussi », a déclaré Jens Stoltenberg après la réunion des ministres de la Défense à Bruxelles.
Ces dernières semaines, Donald Trump avait intensifié ses critiques à l’égard de l’Espagne, rappelant l’engagement pris lors du sommet de La Haye. L’Espagne avait alors obtenu une garantie, s’engageant à atteindre 2,1% du PIB pour couvrir les capacités requises par l’OTAN. Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a réitéré cette position lors d’une récente interview.
« L’Espagne n’atteindra pas 5% de dépenses militaires. Avec 2,1%, nous répondons aux capacités que l’Alliance nous demande. »
Pedro Sánchez, Président du Gouvernement espagnol
La ministre de la Défense, Margarita Robles, a quant à elle laissé la porte ouverte à d’éventuelles révisions futures.
« Que se passera-t-il en 2030 ou 2035, personne ne peut le savoir. »
Margarita Robles, Ministre de la Défense espagnole
Donald Trump avait déjà lancé un avertissement lors du sommet de La Haye, suggérant que l’Espagne pourrait faire face à des répercussions commerciales si elle ne satisfaisait pas ses exigences en matière de défense. Bien qu’il n’ait pas réitéré cette menace lors de sa récente rencontre avec Pedro Sánchez à Charm el-Cheikh, la tension est retombée sur le devant de la scène, sur fond de redéfinition de l’effort militaire en Europe.