Publié le 25 octobre 2025 09:39:00. L’Union générale des travailleurs de Madrid (UGT) tire la sonnette d’alarme concernant le programme de dépistage du cancer du sein dans la région, réclamant une augmentation des tests, une plus grande transparence des données et une prise en charge plus globale des patientes.
- L’UGT demande l’augmentation des dépistages et la publication des résultats par centre.
- Le syndicat critique les délais d’attente variables entre hôpitaux publics et privés.
- Il plaide pour que le cancer du sein soit reconnu comme maladie professionnelle dans certains cas et pour un soutien accru aux patientes.
L’élargissement récent du programme de détection précoce du cancer du sein à Madrid, couvrant désormais les femmes de 45 à 74 ans (contre 50 à 69 ans auparavant), est salué par l’Union générale des travailleurs (UGT). Cependant, le syndicat insiste sur la nécessité d’une « coresponsabilité » pour que cette amélioration bénéficie réellement à toutes. Selon les chiffres avancés par l’UGT, plus de 450 000 mammographies ont été réalisées, soit une augmentation de 4 % par rapport à l’année précédente.
Malgré cette hausse, l’organisation dénonce des disparités flagrantes. Dans certains hôpitaux publics, les délais d’attente pour une mammographie « dépassent les cinq mois », un contraste marqué avec les centres privés ou conventionnés où ces délais sont ramenés à « quelques semaines seulement ». Pour l’UGT, l’efficacité de la détection précoce repose sur la mise à disposition des moyens nécessaires. « Il ne suffit pas d’inviter davantage de femmes : il faut pouvoir les servir rapidement et avec qualité », martèle le syndicat, exigeant des données publiques précises, centre par centre, concernant les délais de réalisation des mammographies, la communication des résultats et les orientations vers les spécialistes.
Au-delà du dépistage, l’UGT appelle à une reconnaissance du cancer du sein comme maladie professionnelle lorsque l’exposition en milieu de travail est un facteur avéré. Le syndicat réclame également la mise en place de protocoles adaptés pour le retour à l’emploi après la maladie. Les revendications s’étendent à des investissements conséquents dans les équipements de diagnostic, la formation du personnel, les laboratoires et les unités dédiées au cancer du sein métastatique, une réalité souvent négligée. L’objectif est de garantir une santé publique conforme aux standards requis.
L’UGT exige des appels de dépistage « efficaces et équitables », assurant à chaque femme, indépendamment de sa localisation géographique ou de sa situation professionnelle, un accès au même niveau de qualité de soins que celles résidant dans des zones mieux desservies ou ayant les moyens de recourir au secteur privé.
« Le manque de transparence génère de la méfiance. »
UGT
Le syndicat critique ouvertement la Communauté de Madrid pour ne pas avoir transmis les données du programme de dépistage au ministère de la Santé. Ce « manque de transparence », selon l’UGT, « génère de la méfiance ». En conséquence, l’organisation réitère sa demande de rendre ces données publiques, à jour, ventilées par hôpital et par tranche d’âge. Elle souhaite également connaître le pourcentage « réel » des femmes invitées, celles ayant répondu favorablement, celles ayant attendu au-delà des délais recommandés, et celles ayant été adressées à un spécialiste suite à une anomalie.
Par ailleurs, l’UGT insiste sur l’intégration systématique de la psycho-oncologie, des soins palliatifs, de la gestion de la douleur, de la physiothérapie et du soutien social dans les protocoles de santé. Concernant le retour à l’emploi, le syndicat prône une approche « progressive, flexible et adaptée », pour que l’arrêt maladie ou le chômage ne constituent pas une sanction supplémentaire pour les personnes ayant déjà traversé l’épreuve de la maladie.
« L’expansion du programme de dépistage à Madrid est une étape positive, mais sans renforcer la santé publique, sans équité territoriale, sans transparence des données et sans attention globale à ceux qui souffrent ou ont souffert de la maladie, elle risque de rester une annonce sans réel impact. »
UGT
En conclusion, l’UGT réaffirme que la détection précoce sauve des vies, que l’équité renforce la société et que des soins adéquats redonnent dignité aux personnes luttant contre le cancer. Le syndicat martèle qu' »aucune femme ne devrait attendre des mois pour un test ou se sentir discriminée en raison de son code postal ou de son travail ».