Home Économie L’unilinguisme de Boris Dilliès : absence d’obligation légale ou entorse à la courtoisie fédérale ?

L’unilinguisme de Boris Dilliès : absence d’obligation légale ou entorse à la courtoisie fédérale ?

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Publié le 23 février 2026 12:32:00. L’arrivée de Boris Dilliès à la tête du gouvernement bruxellois relance le débat sur la maîtrise du néerlandais par les responsables francophones, une question de courtoisie politique autant que de respect institutionnel.

La nomination de Boris Dilliès comme ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale a ravivé une discussion récurrente : le bilinguisme des responsables politiques. Si aucune obligation légale ou constitutionnelle n’impose la parité linguistique au sein du Conseil des ministres – l’exigence porte sur un nombre égal de ministres néerlandophones et francophones, sans inclure le ministre-président ou le Premier ministre fédéral – la question du bilinguisme suscite des sensibilités divergentes.

Deux thèses s’opposent. La première, pragmatique, estime qu’en l’absence de base juridique, aucune exigence ne peut être formulée. La seconde, plus sensible aux enjeux symboliques, plaide pour une “courtoisie fédérale”, un respect mutuel qui se traduit, notamment, par la connaissance de la langue de l’autre communauté. Ces deux approches puisent leurs racines dans l’histoire politique du Royaume.

Le cas de Boris Dilliès n’est pas isolé. Tous les Premiers ministres flamands ont toujours parlé français, y compris l’actuel nationaliste flamand, Bart De Wever, qui maîtrise parfaitement la langue de Molière. L’histoire a été moins uniforme du côté francophone, avec des exemples comme Paul Van Zeeland, Hubert Pierlot, Pierre Harmel ou, plus récemment, le socialiste liégeois Edmond Leburton, régulièrement critiqué par la presse flamande dans les années 1970.

Au niveau de la Région bruxelloise, l’absence de bilinguisme chez les ministres-présidents, tous francophones jusqu’à présent, est restée relativement rare. Le libéral Daniel Ducarme, en 2003-2004, constitue l’exemple le plus marquant.

Certains proposent d’aller plus loin en rendant obligatoire la connaissance de la seconde langue nationale. Une telle mesure pourrait cependant soulever une question connexe : si l’on impose le bilinguisme aux responsables politiques fédéraux et bruxellois, ne faudrait-il pas envisager la suppression des collèges électoraux distincts, tant pour les élections fédérales que régionales ? Cela pourrait également impliquer la constitution de listes nationales ou bruxelloises bilingues.

En conclusion, si l’obligation légale fait débat, l’importance d’une connaissance minimale du néerlandais, par souci d’élégance institutionnelle et de respect de la communauté flamande, est largement reconnue. Comme l’a souligné Boris Dilliès lui-même :

« Nous verrons »


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