Publié le 07/10/2025 14:22. L’usage du crack, cette forme fumée et hautement addictive de la cocaïne, a explosé aux Pays-Bas ces dix dernières années, dépassant désormais le nombre d’utilisateurs d’héroïne et de méthadone. Une nouvelle étude révèle que près de 27 900 personnes consomment cette substance chaque semaine, souvent en marge des systèmes de soin.
- Le nombre d’utilisateurs hebdomadaires de crack aux Pays-Bas a atteint environ 27 900, surpassant pour la première fois celui des usagers d’héroïne et de méthadone.
- Quatre utilisateurs de crack sur dix sont sans abri, échappant ainsi aux radars des services de santé.
- La baisse des prix du crack sur le marché parallèle, liée à une offre accrue de cocaïne, est un facteur clé de cette augmentation.
Les conclusions de cette enquête, menée par l’Institut Trimbos et l’organisation Mainline à la demande du ministère de la Santé, dressent un tableau préoccupant de la diffusion du crack aux Pays-Bas. En 2012, les estimations pour les seules villes d’Amsterdam, Rotterdam et La Haye faisaient état de 6 659 consommateurs. Aujourd’hui, la tendance est à une envolée généralisée.
Le phénomène touche particulièrement les populations marginalisées. Selon la recherche, seulement 31 % des consommateurs de crack sont enregistrés dans le Système National de Soins aux Toxicomanes (LaDIS), contre 61 % pour les usagers d’héroïne. Cette faible intégration dans le système de soin rend une grande partie de ces individus invisibles aux yeux des professionnels de santé.
Le crack, également connu sous le nom de « basecoke », procure une intense euphorie de courte durée, d’environ dix minutes, immédiatement suivie d’un besoin impérieux de renouveler la prise. Son nom provient d’ailleurs du crépitement qu’il produit lors de sa combustion.
Plusieurs facteurs expliquent cette recrudescence. La diminution du prix du crack sur la voie publique est un élément déterminant. L’augmentation de la production de cocaïne, notamment en Colombie, a considérablement accru l’approvisionnement en Europe depuis 2020. Il est désormais possible de se procurer une dose de 0,1 gramme de crack pour environ cinq euros.
L’étude met également en lumière l’usage croissant de cette drogue parmi les travailleurs migrants originaires d’Europe de l’Est. La perte d’emploi peut entraîner la perte du logement et, par conséquent, une exposition accrue à la rue où le crack est aisément disponible. D’autres groupes précaires, tels que les demandeurs d’asile, principalement de jeunes hommes originaires du Maroc et d’Algérie, se retrouvent également dans cette situation.
L’usage prolongé de crack expose les consommateurs à de graves risques pour la santé, incluant des problèmes cardiovasculaires et pulmonaires, de l’hypertension artérielle, ainsi que des troubles psychotiques, souvent exacerbés par des traumatismes sous-jacents à la dépendance.