Une hospitalisation en cardiologie à Cahors (Lot) a laissé des traces profondes chez une patiente de 88 ans et sa famille, qui dénonce des manquements dans la prise en charge et un manque d’empathie de la part du personnel soignant. L’établissement hospitalier reconnaît des erreurs administratives et un comportement inacceptable d’une employée, mais assure que la prise en charge médicale a été respectée.
Nicole Kauffmann a été admise à l’hôpital de Cahors du 1er au 12 janvier après une détresse respiratoire liée à une infection. Après un passage en réanimation, elle a été transférée en cardiologie, où les difficultés ont commencé, selon sa famille. « J’ai vécu une nuit horrible », témoigne la patiente. « Une soignante m’a dit : « Ici, c’est moi qui commande », et elle m’a retiré la sonnette. Elle était très agressive et a bloqué mon lit en bougeant les meubles, m’empêchant d’appeler à l’aide. » Mme Kauffmann affirme être encore aujourd’hui traumatisée par cet épisode.
Son fils, Christophe Kauffmann, et sa belle-fille, Valérie, dénoncent une « maltraitance » et un « gros manque de suivi » tant pendant l’hospitalisation que lors de la sortie. Ils soulignent une dégradation marquée de l’état physique et psychologique de Nicole à son retour à domicile. « Ma mère est traumatisée, je ne la reconnais plus », explique Christophe Kauffmann. Auparavant autonome, elle avait besoin d’aide pour les gestes quotidiens et était en proie à des cauchemars et à une anxiété intense.
« Quand nous sommes arrivés, nous avons vu ma mère très perturbée. J’étais outré », raconte son fils. La famille déplore également un manque d’informations concernant les traitements et l’organisation de la sortie. « L’ordonnance sécurisée n’a pas été donnée, je ne pouvais pas aller chercher ses médicaments. On nous a dit qu’on s’occuperait de la kinésithérapie et du suivi, mais finalement nous avons dû tout organiser nous-mêmes », affirme Valérie Kauffmann. « On a eu l’impression qu’on ne s’occupait pas du tout d’elle et qu’on la laissait livrée à elle-même. »
La direction de l’hôpital confirme qu’une médiation a été engagée le 5 février, suite au signalement de la famille. Une enquête interne a été menée et a permis d’identifier « le comportement inadmissible d’une professionnelle », qui sera prochainement reçue par les ressources humaines en vue d’une procédure disciplinaire. L’hôpital reconnaît également des erreurs administratives, notamment l’absence d’ordonnance sécurisée et l’oubli de retrait d’un cathéter, et a présenté ses excuses à la famille.
Cependant, la direction assure que les traitements médicaux ont été administrés conformément au dossier de soins. Concernant les difficultés rencontrées après le retour à domicile, l’établissement rappelle que certaines étapes dépendent d’acteurs extérieurs, comme les sociétés d’ambulance et la disponibilité des professionnels de ville pour la kinésithérapie et le suivi à domicile.
Pour Christophe Kauffmann, l’objectif n’est pas d’engager une action en justice, mais « de faire reconnaître ce qui s’est passé ». « Nous ne demandons pas d’argent. Nous voulons simplement que cela ne se reproduise pas pour d’autres patients », insiste-t-il. Nicole Kauffmann, aujourd’hui convalescente à domicile, reste marquée par cette expérience : « Je me sens mieux chez moi, mais cette nuit-là m’a suffi à être traumatisée. »